Pourquoi les insectes doivent craindre le réchauffement climatique (1 min)

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Une étude montre que le microclimat foliaire augmente la vulnérabilité des arthropodes à la surface des plantes, face au réchauffement climatique.

Dans une optique d’anticipation et de gestion des effets négatifs du changement climatique sur la biodiversité, la science analyse la vulnérabilité des organismes aux températures extrêmes sur la base de leurs seuils de tolérance. Cela suppose toutefois que l’environnement de ces organismes corresponde à la température de l’air atmosphérique. « Or, les animaux, et surtout ceux de petite taille comme les insectes et autres arthropodes, vivent dans des habitats dont le microclimat peut se distinguer fortement des conditions atmosphériques », précise dans un communiqué le Centre national de la Recherche Scientifique (CNRS), dont une équipe scientifique a étudié une communauté de ravageurs vivant à la surface du feuillage du pommier. Les résultats montrent que les températures ressenties par les ravageurs divergent de celles de l’air, car l’attaque de ces derniers induit une transpiration foliaire modifiant la température de la feuille. « Ainsi, les acariens induisent une baisse du taux de transpiration de la feuille, ce qui contribue à augmenter la température de la feuille, tandis que les pucerons provoquent une hausse du taux de transpiration de la feuille, aboutissant à un refroidissement de la surface de la feuille. » Des mesures de terrain et de laboratoire montrent que la température des feuilles attaquées par les acariens est jusque 8°C plus élevée que celle des feuilles sur lesquelles se nourrit le puceron vert. Or les acariens possèdent un seuil de tolérance à la température de 8°C plus important que les pucerons. Aussi, si l’on prend en compte la température réellement vécue par les arthropodes à la surface des feuilles, la tolérance au réchauffement dans le cadre des bouleversements climatiques est faible : « <2°C au mieux pour l’ensemble des espèces », affirme l’équipe sur la base de modélisations. Ces résultats pourraient apporter un élément de réponse au déclin mondial des insectes : « les arthropodes vivent déjà près de leur seuil de tolérance au réchauffement. » Les conditions microclimatiques des plantes « exposent dangereusement les arthropodes durant les vagues de chaleur. »

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