Fous et frégates peuvent anticiper l’arrivée d’un cyclone (1 min 30)

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Une nouvelle étude montre que deux espèces d’oiseaux marins sont capables de répondre à l’arrivée d’un cyclone en changeant de comportement un à deux jours à l’avance et en évitant la trajectoire des cyclones en les contournant.

En réponse au changement climatique, les cyclones vont augmenter en fréquence et en intensité, avec des impacts sur les habitudes de nourrissage des animaux terrestres et maritimes. Mais comment réagissent les espèces, et notamment les oiseaux, à ces phénomènes extrêmes ? Déploient-elles des capacités d’adaptation ? Au cours d’une étude sur le comportement alimentaire de deux oiseaux de mer tropicaux dans le Canal du Mozambique et en Nouvelle Calédonie, les fous à pieds rouges (Sula sula) et les frégates du Pacifique (Fregata tropica), Henri Weimerskirch, du Centre d’études biologiques de Chizé (Centre National de la Recherche Scientifique/Université de La rochelle), a utilisé la télémétrie satellitaire pour répondre à ces questions. En observant plusieurs aires de reproduction et d’alimentation dévastées par des cyclones, et en suivant les déplacements de quelques individus, il a conclu que les adultes et les juvéniles étaient capables de prévoir et d’éviter l’arrivée d’un cyclone. La réponse de chacun au phénomène diffère selon la morphologie et l’histoire de vie. Tant que le centre d’un cyclone se trouve à des centaines de kilomètres, les frégates juvéniles et adultes restent dans la colonie à terre, tandis que les fous adultes continuent à chercher de la nourriture en mer. « La mortalité des individus restant à terre est limitée lors du passage du cyclone sur l’île, précise le CNRS dans un communiqué. Pour les individus qui ont rencontré des conditions cycloniques en mer, les oiseaux adultes ont réussi à éviter l’œil du cyclone autour duquel les vents sont les plus violents et se sont déplacés vers l’ouest pour contourner la route du cyclone. Les frégates font le choix de monter à haute altitude lorsqu’elles sont proches de l’œil du cyclone pour le contourner à grande vitesse. » Ainsi, lors du cyclone Guito, les mesures de vitesses et d’altitude montrent que lorsqu’une frégate du Pacifique était au plus près de l’œil du cyclone, il est monté à plus de 1600 m d’altitude et l’a contourné en se déplaçant à 100 km/h. « Cela réduit le risque de mortalité en mer mais peut amener temporairement les oiseaux à se déplacer en dehors de leur aire de répartition normale », ajoute le communiqué.

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