La pollution affecte les champignons qui nourrissent les arbres (2 min)

Photo © Ellen Larsson

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Les arbres dépendent des mycorhizes, des champignons, pour leur apport en nutriments. Or une étude vient de prouver que la pollution en carbone affectait la diversité de ces derniers.

La pollution atmosphérique pourraient impacter les arbres d’une façon jusqu’alors insoupçonnée. Une étude intitulée « Environment and host as large-scale controls of ectomycorrhizal fungi » et publiée le 6 juin 2018 par des scientifiques britanniques s’est penchée sur la relation entre les polluants azotés, les arbres et les communautés de champignons qui alimentent leurs racines souterraines en éléments nutritifs. Ces derniers, les mycorhizes, conditionnent l’apport en nutriments des arbres, par le biais de l’échange entre le carbone capté par les arbres dans l’atmosphère, et l’eau et les minéraux puisés dans le sol par les champignons. Or les chercheurs de par l’Europe constatent aujourd’hui une dégradation de la nutrition des arbres dans les forêts. Les mycorhizes, qui constituent de fait des auxiliaires écologiques importants dans la gestion forestière, demeurent par ailleurs mal étudiés : on sait, après inventaires de leurs parties émergées, que les changements climatiques globaux affectent leur reproduction, mais leur croissance souterraine et leur association avec les racines des arbres est encore un mystère.

Les chercheurs britanniques de l’étude ont donc analysé 40 000 mycorhizes, à partir de 13 000 échantillons de sol collectés sur 137 sites d’observation répartis dans 20 pays européens. Ils ont pour cela pris appui sur un réseau de suivi environnemental complet et étendu, ICP Forests, qui étudie les impacts de la pollution atmosphérique sur les forêts. En France, l’Office national des forêts (ONF) est associé en tant que contributeur à l’ICP Forests. Les résultats des analyses montrent que la diversité des mycorhizes peut s’expliquer principalement par leur arbre hôte (son espèce et son niveau de nutrition) et par les conditions environnementales (pollution atmosphérique et acidité du sol).

« Au-delà d’un seuil de pollution en azote, leurs communautés changent au détriment d’espèces capables de mobiliser l’azote présent dans les matières organiques du sol, et au profit d’autres espèces moins avantageuses pour l’approvisionnement des arbres en nutriments, explique l’ONF dans un communiqué. Or ce seuil de retombées de polluants azotés s’avère bien inférieur au seuil critique couramment admis en Europe. »

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