L’ancêtre sauvage de l’aubergine a été dispersé par les éléphants d’Afrique (1 min)

Photo par Charles Deluvio on Unsplash

1985
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La généalogie de l’aubergine montre que les espèces sauvages qui lui sont apparentées étaient originaires d’Afriques et ont été dispersées par les éléphants et les impalas.

Si l’on retrace l’histoire de l’aubergine domestiquée, on tombe sur l’Afrique et les éléphants. Ce sont les conclusions d’une étude publiée dans l’American Journal of Botany par une équipe de recherche de l’Université de Rennes 1 et des Muséums d’histoire naturelle de Londres et de Finlande. L’aubergine, un solanacée comme la pomme de terre et la tomate, n’est contrairement à eux pas originaire d’Amérique du Sud, mais d’Afrique. « Les archives chinoises et indiennes ainsi que les données génétiques ont montré que l’aubergine a été domestiquée quelque-part dans la région du sud de la Chine et du nord de l’Inde», précise le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans un communiqué en lien avec la publication. Mais les espèces sauvages apparentées à l’aubergine habitent les savanes africaines. « Le groupe contenant l’aubergine s’est diversifié il y a environ 2 million d’années, depuis le nord-est de l’Afrique. Ce groupe s’est ensuite répandu vers l’est, jusqu’en Asie tropicale». Là-bas, il a donné naissance à Solanum insanum, à partir duquel l’aubergine a été domestiquée. « Ce qui a marqué les scientifiques, c’est que cette dispersion vers l’Asie semble résulter d’un unique évènement de dispersion depuis le nord-est de l’Afrique plutôt que d’une expansion linéaire et graduelle vers l’Asie.» Le groupe d’espèces sauvages africaines apparentées à l’aubergine s’est également propagé du nord-est au sud-ouest… notamment grâce aux impalas et aux éléphants d’Afrique. « Ces deux mammifères de savane consomment les fruits, dispersent les graines et ont donc probablement contribué à la dispersion du groupe en Afrique. Si les populations d’éléphants ne cessent de décliner en raison des activités humaines, les populations d’espèces sauvages apparentées à l’aubergine pourraient en pâtir. » Ces résultats sont une première étape vers des recherches plus approfondies sur l’aubergine. Une question taraude particulièrement les chercheurs : par quel moyen le groupe de l’aubergine a-t-il atteint l’Asie tropicale ?