Inra : de l’effet négatif de la perte de diversité sur le fonctionnement des écosystèmes

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Des scientifiques ont manipulé la diversité végétale de 30 îles suédoises afin d’analyser l’impact de la perte de biodiversité sur le fonctionnement de leurs écosystèmes.

Quelles sont les conséquences d’une perte de biodiversité sur le fonctionnement des écosystèmes ? C’est la question à laquelle un chercheur de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et des scientifiques suédois et australiens ont tenté de répondre en uilisant un archipel de 30 îles forestières suédoises comme laboratoire d’expérimentation. Pendant plus de 20 ans, au sein de ces îles aux écosystèmes indépendants, ils ont procédé à l’arrachage régulier de plusieurs espèces végétales (myrtille, airelle…) et de différents groupes fonctionnels (mousse, arbre, buisson…). Puis, pendant plus de deux ans, ils ont collecté et analysé des milliers de carottes de sol et d’échantillons de plantes. Le but était de mesurer un « indice de multifonctionnalité des écosystèmes », ainsi que l’explique l’Inra dans un communiqué. Cet indice regroupe 15 fonctions, « depuis la productivité des plantes, jusqu’au recyclage des nutriments en passant par la réalisation des cycles biogéochimiques », qui, ensemble, sont représentatives du fonctionnement global des écosystèmes. Considérées individuellement, leurs réponses à la perte de biodiversité des îles ont été comparées, et « l’effet observé dépend du contexte environnemental. On n’obtient pas les mêmes valeurs pour chacune des fonctions individuelles en raison de différences de productivité, de fertilité des sols, ou de composition des communautés biologiques entre des îles ‘jeunes’ et ‘anciennes’ ». Cependant, lorsque l’indice de multifonctionnalité (c’est-à-dire l’ensemble des 15 fonctions mesurées collectivement) est considéré, « l’effet négatif de la perte de diversité sur le fonctionnement des écosystèmes est le même partout et à différents niveaux trophiques (plante et champignons) », conclut le communiqué en rappelant ainsi l’importance de préserver la biodiversité dans une multitude d’écosystèmes très contrastés.

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