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A l’initiative de glaciologues du monde entier, parmi lesquels Jérôme Chapellaz (université de Grenoble/CNRS) une banque mondiale d’archives glaciaires est en cours de constitution à la station internationale Concordia, en Antarctique. Le 15 août, une équipe a prélevé sur le massif du Mont-Blanc les premières « carottes-patrimoine ».

La glace constitue une source d’informations inestimable sur le passé environnemental des territoires : sur leur évolution climatique, bien sûr, mais aussi sur l’évolution des écosystèmes. L’Université de Venise, partenaire du programme, dispose par exemple d’un traceur de combustion capable de détecter… les incendies de forêts ! Les dizaines de composants chimiques piégés par la glace (gaz, acides, métaux lourds, radioactivité, isotopes de l’eau) racontent « à livre ouvert » l’histoire des territoires. Malheureusement, cette bibliothèque est endommagée chaque jour par le fonte des glaciers induite par le changement climatique : depuis 1850, les glaciers alpins ont perdu 50 % de leur masse, et on estime qu’avant la fin du XXIème siècle tous ceux qui culminent à moins de 3 500 m auront disparu. Il y a donc urgence à préserver cette mémoire de la terre, notamment pour que les chercheurs du futur puissent à leur tour y accéder. D’où l’idée, initiée par Jérôme Chapellaz, d’enfouir en Antarctique, à 10 mètres de profondeur, une « banque » de carottes glaciaires issues du monde entier, sur le modèle de la banque de semences conservée au Spitzberg.

Trois carottes de 130 m de long et 96 mm de diamètre ont été prélevées sur le Mont Blanc. Deux d’entre elles seront acheminées en Antarctique par bateau, la troisième restera en Europe et fera l’objet en 2018 et 2019 de diverses analyses.

En mai prochain, un autre prélèvement sera effectué sur le glacier Illimani, en Bolivie, à 6 300 mètres d’altitude.