Permaculture : beau et rentable à la fois

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La Ferme du Bec Hellouin (Eure) est connu comme l’un des lieux d’expérimentation de la permaculture en France. Mais la viabilité économique est-elle au rendez-vous ? Une étude scientifique (INRA – Agroparitech) apporte des éléments de réponse. Encourageants.

L’étude menée de 2011 à 2015 présente tous les aspects d’un audit, et passe en revue tous les éléments du circuit économique de la ferme : temps de travail, prix, évaluation de la production, saisonnalité, productivité par unité de surface, rentabilité des investissements, circuits de commercialisation, revenu, etc. Conclusion : en fonction du niveau d’investissement et d’intensification, 1000 m2 (2) dégagent un revenu horaire variant de 5,4 à 9,5 € pour une charge de travail hebdomadaire moyenne de 43 heures. Le revenu agricole net mensuel correspondant, de 900 à 1570 € suivant le niveau d’investissement, apparait tout à fait acceptable, voire supérieur, au regard des références couramment admises en maraîchage biologique diversifié (3). L’étude rappelle les principes de base qui fondent ce modèle économique original :

  • Pas de produits phytosanitaires, pas d’engrais de synthèse, mais du compost (pour entretenir la fertilité du sol) et du paillage (pour entre autres retenir l’eau).
  • Pas ou peu de mécanisation.
  • Plusieurs types de buttes et plates-bandes cultivables toute l’année.
  • Grande diversité de production.
  • Associations d’espèces pour explorer la verticalité, cultures relais (une culture démarre avant la fin de la précédente).
  • Agroforesterie (vergers maraîchers).
  • Optimisation de la circulation dans la ferme pour gagner du temps de travail : par exemple, la réorganisation du « jardin Mandala » d’une forme de spirale à une forme en rayons a eu un effet spectaculaire !
  • Commercialisation en circuits courts : paniers hebdomadaires, vente à des magasins bio, à des restaurateurs.

« La Ferme du Bec Hellouin a été créée de manière essentiellement intuitive, avec le désir de subvenir à nos besoins de manière aussi naturelle que possible, en donnant une large place à la quête de beauté, écrit l’un des fondateurs de la ferme, Charles Hervé-Gruyer, dans la postface. La volonté de progresser sur le plan technique n’est venue que dans un second temps. Les agronomes nous ont mené encore plus loin, en nous apprenant à poser un regard objectif, scientifique, sur nos jardins. C’est probablement cette alliance d’idéalisme et de créativité, d’intuition et de rigueur, qui a donné naissance au système bio-inspiré qui caractérise la ferme aujourd’hui. »

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