Fourrure : une publicité mensongère condamnée (2 mn)

Photo © Charisse Kenion via Unsplash

2021
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Le Jury de déontologie publicitaire a jugé « mensongère » une publicité publiée dans Vogue Paris, qui qualifiait la fourrure animale de « merveille de la Nature, splendide et durable, éthique et exquise ». 

Dans un avis longuement argumenté en des termes très vifs, le Jury de déontologie publicitaire a relevé le caractère mensonger d’une publicité qui vantait le caractère « écologique » de la fourrure animale. Le Jury a relevé en particulier que la publicité en cause est composée de plusieurs visuels qui montrent des femmes revêtues de manteaux de fourrure de différentes marques, dans des paysages champêtres. Ces visuels sont accompagnés d’un encart indiquant « Natural fur – The responsible choice », suivi de la mention du site Internet wearefur.com et, sur l’un d’entre eux, du texte suivant : « Merveille de la nature : splendide et durable, éthique et exquise, la fourrure est irrésistible. Depuis toujours, les femmes et les hommes ont adoré la fourrure, le plus naturel des vêtements (…). Toutefois, en ce début de XXIème siècle, il existe une autre raison essentielle du retour en grâce de la fourrure auprès de la jeune génération : l’inquiétude grandissante pour l’avenir de la planète. La préoccupation constante concernant l’impact des plastiques sur les océans et les sols et les conséquences de la pollution sur l’environnement renforcent plus que jamais l’importance de nos choix quant à ce que nous portons ce que nous consommons et notre mode de vie en général. A l’ère de la fast-fashion, quand la fausse fourrure fabriquée chimiquement inonde le marché pour finir tristement dans les décharges, un manteau de fourrure véritable reste l’ultime refus de la philosophie du tout-jetable. Une fourrure que l’on aime se transmet de mère en fille – et même de grand-mère en petite-fille ! – et peut aussi se transformer au fil du temps et des modes. Le jour où il faudra vraiment vous débarrasser de ce vêtement si précieux, résolument écologique et biodégradable, il se décomposera naturellement en quelques mois. (…) D’ici là, la jeune femme moderne (…) sera l’incarnation du chic responsable, une consommatrice informée, très soucieuse de son élégance mais aussi de l’environnement ».

A l’issue d’une analyse méticuleuse, le jury a considéré que « les allégations portant sur le caractère « biodégradable », « éthique », « résolument écologique » de la fourrure ne sont pas étayées de manière suffisante par les éléments produits devant le Jury pour justifier qu’elles correspondent à une réalité précise. Il en va de même, par construction, de l’affirmation selon laquelle la fourrure  serait l’incarnation du « chic responsable ». Il a en outre relevé que le texte apparaît sur une photographie montrant une jeune femme vêtue d’un manteau de fourrure dans un champ de blé, tenant un épi à la main. Il a estimé que cette présentation, en accentuant l’argument selon lequel les manteaux de fourrure sont « écologiques », alors que celui-ci n’apparaît pas suffisamment justifié par l’annonceur, confère à l’annonce un caractère mensonger.

Lire l’avis du Jury de déontologie publicitaire