Les associations dézinguent la nouvelle PAC (2 mn 30)

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Après l’annonce de la réforme de la PAC, diverses associations de protection de la nature ont fustigé un plan faisant la part belle à l’agriculture productiviste, au détriment de l’environnement.

La proposition de réforme de la Politique agricole commune (PAC) présentée vendredi par la Commission européenne, n’enthousiasme pas les associations de protection de l’environnement. Sous pression financière, la Commission a plaidé notamment pour plus de décentralisation, chaque pays devant définir un plan stratégique, ensuite examiné et validé à Bruxelles. Cette nouvelle politique est « un désastre pour l’environnement et le climat », a estimé Greenpeace. Ce projet « est catastrophique en l’état », car il « laisse aux gouvernements la responsabilité de définir des plans nationaux pour l’agriculture sans aucune garantie que ces plans protégeront bien la santé publique, l’environnement et le climat », souligne l’ONG dans un communiqué. Pour le WWF, « ces mesures sont bien en deçà de l’ambition globale de l’UE de lutter contre la dégradation de la biodiversité et de l’environnement ». « La proposition relative à la PAC est loin de l’ambition promise et ne tient pas compte de la nécessité de (…) transférer les ressources au soutien des agriculteurs dans la transition vers un système plus durable », a dit Andrea Kohl, directeur intérimaire du WWF European Policy Office, dans un communiqué. Pour Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace France, le projet « place une fois encore les agriculteurs dans une position d’assistanat face aux subventions publiques, sans leur donner les moyens d’une réelle transition, pourtant cruciale et urgente ». Greenpeace relève notamment une proposition de « coupe drastique » dans les fonds PAC pour la protection de l’environnement via la réduction du budget de développement rural de 25%, et la fin des mesures de verdissement, qui concernent 30% des paiements directs, sans proposition de réel dispositif de remplacement. « De plus, la proposition introduit dans le premier pilier un dispositif environnemental obligatoire. Cependant aucun objectif chiffré minimal n’y est alloué, ce qui le rend totalement inutile en l’état », ajoute Greenpeace. En France, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avance le chiffre de « 80% des fonds réservés à l’environnement » rationnés. D’après l’association, « l’absence de garanties environnementales efficaces ouvre la porte à une nouvelle vague de soutien à l’agriculture intensive, foncièrement nuisible à la biodiversité. » La LPO reproche notamment à la Commission de n’avoir attribué aucun budget au réseau Natura 2000 et de négliger l’impératif de changement des habitudes de consommation (gaspillage alimentaire, surconsommation, etc.). « On assiste à un nivellement vers le bas où chaque pays tente de concurrencer l’autre avec des subventions à la production » préjudiciables à la nature, s’attriste-t-elle.