Le sursaut d’Emmanuel Macron sur la biodiversité (1 mn 30)

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A l’occasion de l’évènement « Earth hour », le Président Emmanuel Macron a enregistré un message sur le déclin de la biodiversité, passé presque inaperçu.

Le 24 mars dernier a eu lieu la mobilisation citoyenne « Earth hour », organisée par le WWF, et au cours de laquelle des millions de personnes à travers le monde ont éteint leurs lumières durant une heure, afin notamment de sensibiliser au changement climatique. Pour l’occasion, le Président Emmanuel Macron a posté sur son compte Twitter un enregistrement vocal en anglais annonçant que l’Elysée serait également plongé dans le noir. En préambule, le Président a apporté un témoignage très personnel sur le déclin de la biodiversité : « Imaginez que vous vous réveillez et que quelque chose a changé. Vous n’entendez pas de chant d’oiseau. Vous regardez par la fenêtre: les paysages que vous aimiez sont secs, la vie aspirée. L’air, l’eau, tout ce que vous respirez et qui permet la vie est altéré. Ce n’est pas un cauchemar et certainement pas une illusion. Vous le savez. Vous le savez, parce que nous en constatons les premiers effets. Le temps du déni est révolu. Nous sommes en train de perdre non seulement la bataille contre le changement climatique, mais aussi la bataille contre l’effondrement de la biodiversité. »

Ce message arrive comme une réponse à l’intervention du Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à l’Assemblée Nationale, regrettant que « la biodiversité, tout le monde s’en fiche ! » Désormais, il faudra compter avec le Président de la République sur les questions de biodiversité. Pourtant, l’allocution est passée presque inaperçue et n’a pas été relayée par les médias, a souligné Stéphane Foucard, journaliste au Monde. Alors qu’« elle a le mérite d’inscrire la biodiversité dans la parole présidentielle, a-t-il analysé. Où, jusqu’à présent, s’agissant d’environnement, seul le climat avait une place de choix. Dans un pays comme la France, où les mots du chef de l’Etat ont des effets en cascade sur le Parlement, l’ensemble de l’organigramme gouvernemental, sur les administrations, les organismes de recherche et les institutions scientifiques, la brève allocution du 24 mars aura certainement un impact que nous ne soupçonnons pas. »