Pollueurs… payés : la PAC dans le collimateur de Greenpeace

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Où va l’argent de la Politique agricole commune (PAC) ? C’est à cette question que Greenpeace a voulu répondre en commandant une enquête à Mark Lee Hunter, journaliste d’investigation. Réponse : les exploitations agricoles qui polluent le plus reçoivent des subventions européennes de la PAC.

Pour documenter ses conclusions, l’ONG a exploité la liste des émissions d’ammoniac par ferme (c’est la seule pollution qui soit suivie à l’échelle des exploitations). Elle a ainsi effectué un classement des exploitations qui polluent le plus alors qu’elles reçoivent beaucoup de subventions. L’ammoniac est un composé chimique dont l’odeur âcre est caractéristique et il provient principalement des activités agricoles. Il peut impacter sévèrement la santé humaine et la vie sauvage lorsqu’il est relâché dans l’environnement. Problème : le système de suivi des émissions d’ammoniac est loin d’être sérieux et suffisant. A peine 3% des émissions d’ammoniac liées à l’élevage sont répertoriées dans cette base de données, alors que l’élevage représente 64% des émissions d’ammoniac en France. Par ailleurs, il existe 31 000 fermes porcines et/ou avicoles en France, seules 727 d’entre elles figurent dans la base de données ! Sans compter que les fermes bovines n’y figurent même pas alors qu’elles sont de grosses contributrices.

A eux seuls, commente Greenpeace, ces chiffres On voit donc mal comment il est possible d’assurer la réalisation des objectifs environnementaux de la PAC…

En 2015, les 20 premières fermes du classement des pollueurs payés, réalisé par Greenpeace, ont touché plus de 115 000 euros chacune en moyenne de la part de la PAC. C’est un montant considérable par rapport aux standards de la PAC ! Seulement 3% des bénéficiaires ont reçu un montant d’aides équivalent ou supérieur cette même année.

« Ceux qui déclarent le plus de pollutions reçoivent énormément de subventions… La PAC ne tourne pas rond ! Elle rémunère les pollueurs. C’est tout le système de subventions qu’il faut revoir », conclut l’ONG

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