La « Fondation pluraliste de l’écologie » dévoile 14 idées et mesures concrètes « suggérées aux candidats pour le prochain quinquennat ». La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) leur lance un appel à « conserver et utiliser durablement la biodiversité »
« Certains candidats ont d’ores et déjà proposé de mesures concrètes en matière écologique, parfois très positives et utiles, écrivent en introduction les experts de la Fabrique. Mais cet effort reste encore trop partiel et limité, et nous souhaitons qu’il soit fortement amplifié et démultiplié ». Chacune des 14 fiches présente en un feuillet, de façon très claire et didactique, une « proposition », un « exposé des motifs », et des « modalités de mise en œuvre ». La proposition 13, par exemple, revient sur la nécessité de plafonner, en vue de leur suppression, les dépenses fiscales défavorables à l’environnement et explique que « s’agissant de dépenses fiscales, le plafonnement global a déjà montré ces dernières années ses mérites pour réduire progressivement les niches fiscales. Il a en outre comme avantage de porter en priorité sur les entreprises, artisans ou particuliers qui ont le chiffre d’affaire et donc la consommation d’hydrocarbures la plus importante. La première étape est de confier au comité pour la fiscalité écologique la revue de ces dispositifs de détaxation et l’élaboration d’un mécanisme de sortie progressive. Cette période sera parallèlement mise à profit pour négocier les compensations avec les professions concernées. La mesure sera inscrite ensuite dans la loi de finances pour 2018, avec une programmation de son évolution d’ici 2022 ». En matière de biodiversité, les propositions avancées restent très timides, et se limitent à prôner la mise en place d’un « réseau de lieux dédiés et labellisés pour éduquer à la biodiversité ».
La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), de son côté, va beaucoup plus loin dans son appel aux candidats, rédigé par son Conseil d’orientation stratégique et intitulé « Conserver et utiliser durablement la biodiversité est un défi majeur pour l’avenir de l’Humanité ». Après un exercice de pédagogie destiné à rappeler aux candidats l’importance de la biodiversité pour les sociétés humaines, l’Appel développe 6 points d’attention :
- Il est essentiel que dans le volet environnemental des programmes du gouvernement, une attention toute particulière soit portée à la connaissance et à la réduction des pressions s’exerçant sur la biodiversité.
- Les actions de lutte contre la pollution, la surexploitation des ressources, le dérèglement climatique et les maladies infectieuses, qu’il convient de mettre en œuvre, doivent s’appuyer sur la biodiversité et se préoccuper de son évolution.
- Il est essentiel de développer des travaux de recherche qui croisent les enjeux globaux et ceux liés à la biodiversité pour proposer des stratégies d’action éclairées et faire évoluer les pratiques.
- L’élaboration de scénarios du futur de la biodiversité doit être encouragée par l’État dans sa politique de recherche en veillant à la participation des parties prenantes à ces exercices.
- Une large part des financements des actions incitatives destinées à lutter contre le réchauffement climatique ou à favoriser l’adaptation à celui-ci doit aller à la recherche, au développement et à la mise en œuvre de solutions qui, en plus de leurs effets sur le climat, soutiennent et renforcent la biodiversité et sa résilience et tiennent compte des rétroactions de la biodiversité sur le climat.
- Les gouvernements et les acteurs de la recherche doivent mobiliser leurs communautés scientifiques pour que les travaux menés sur le climat et la biodiversité puissent se compléter et offrir ainsi aux décideurs les clefs de compréhension nécessaires à leurs actions, à l’image des rencontres entre les experts du GIEC et de l’IPBES organisées par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et ses partenaires.


