Evaluation des pesticides : entre autorisations et interdictions

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Tandis que les résultats de l’évaluation de trois substances néonicotinoïdes partiellement interdites dans l’UE est attendue pour février 2018, l’Anses a réaffirmé devant les députés que les pesticides à base de Sulfoxaflor pouvaient être commercialisés.

Jeudi 16 Novembre, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) a confirmé aux députés de la mission d’information sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques que les pesticides à base de Sulfoxaflor, pouvaient être mis sur le marché. « L’évaluation, tant pour la santé humaine que dans les conditions d’emploi pour la santé des abeilles, [permet] d’utiliser ce produit comme une alternative chimique insecticide qui [présente] plus d’avantages que les produits aujourd’hui utilisés », a expliqué Roger Genet, directeur général de l’Anses, défendant ainsi l’autorisation délivrée par l’agence fin Septembre. Les ministres de la Transition Ecologique et Solidaire et de l’Agriculture l’avaient pressée, en Octobre dernier, de confirmer cette autorisation, en examinant plus particulièrement les conséquences du Sulfoxaflor sur les populations d’abeilles. L’Union Nationale de l’Apiculture Française (Unaf) a de nouveau réclamé son interdiction, en mettant en avant les travaux de scientifiques soutenant qu’il possède les mêmes propriétés neurotoxiques que les néonicotinoïdes sur les abeilles.

Parallèlement, l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), qui avait été mandatée par la Commission Européenne pour réactualiser les connaissances sur trois substances néonicotinoïdes (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) interdites pour certains usages dans l’UE, a annoncé que son évaluation serait finalisée en Février 2018, après une « série de consultations auprès d’experts en pesticides dans les Etats membres ». La pulvérisation de ces substances pose notamment un risque pour la santé des abeilles, et la Commission Européenne a proposé une interdiction d’usage totale en Mars 2017. Les Etats attendent les résultats de l’Efsa pour se prononcer.

Depuis le 13 novembre, une consultation publique relative à l’utilisation de pesticides et aux résidus de pesticides (c’est-à-dire les traces de pesticides que l’on peut retrouver dans des produits tels que les denrées alimentaires et les aliments pour animaux)  est par ailleurs ouverte aux ressortissants des pays de l’UE. « L’objectif est de connaître leur point de vue sur les points forts et les points faibles de la législation, ainsi que sur le niveau de protection de la santé humaine et animale et de l’environnement », indique le site Internet de la Commission Européenne. Les contributions peuvent être soumises jusqu’au 12 février 2018.

Pour participer à la consultation publique