Chasseurs condamnés

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Les tribunaux correctionnels de Mont-de-Marsan et de Vesoul viennent de condamner des débordements de chasseurs avec une rigueur inhabituelle.

Au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, ce sont onze chasseurs de bruants ortolans (espèce protégée mais victime d’un trafic lucratif) qui ont été oncdamnés à des peines de 1000 € d’amendes (inégalement assorties de sursis), au retrait de leur permis de chasse et à l’interdiction de le solliciter à nouveau (pendant seulement trois mois, cependant). Mais surtout, le tribunal a ordonné la destruction des scellés de l’affaire. Or ces scellés sont constitués… par les cages que les contrevenants utilisent pour piéger l’ortolan (les matoles). Humiliation suprême : les magistrats ont accueilli la constitution de partie civile de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et condamné chacun d’entre eux à lui verser 300 € de dommages et intérêts, et 100 € au titre des frais non répétibles exposés pour sa défense (article 700 du Code de procédure civile).

A Vesoul, l’ancien président et l’ancien directeur de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône ont été condamnés à un an de prison ferme pour avoir ordonné à des stagiaires de leur fédération d’abattre des prédateurs, dont certains protégés, en leur octroyant une « prime à la queue » (une somme allouée pour chaque queue d’animal abattue rapportée au commanditaire). Trois d’entre-eux, aujourd’hui âgés de 22 à 25 ans, et leur chef, responsable technique de la fédération, ont été condamnés à des peines de 4 à 12 mois de prison avec sursis. Ils ont reconnu avoir tué plus d’une centaine de ces prédateurs, parfois de manière cruelle, en les empoisonnant ou en les piégeant. Les juges sont allés au-delà des réquisitions du parquet qui n’avait demandé que des peines de prison avec sursis.

Une quinzaine d’associations de protection de la nature seront indemnisées en tant que parties civiles.