🔻 Réforme de la PAC : les critiques de la LPO

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La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) remet en question les décisions prises par le Parlement Européen dans la construction de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC).

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dénonce l’occasion manquée par les eurodéputés d’entrer dans une réelle transition agro écologique. Alors qu’ils se réunissaient au Parlement Européen pour adopter les textes qui composeront la nouvelle Politique agricole commune (PAC), les eurodéputés se sont attiré les foudres de la LPO qui a pointé les paradoxes de la position du Parlement sur la future PAC. Quelques améliorations du texte précédent ont été voté mais beaucoup de dispositions jugées positives par l’association ont été rejetées. « Celles-ci entrent en contradiction directe avec d’autres éléments du même texte » indique la Ligue, qui relève toute une série de paradoxes :

  •  Adopter le respect du Droit à l’alimentation et du Droit au développement, mais rejeter l’atteinte des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies ;
  • Adopter la fixation de 30% du budget du 1er pilier pour l’ecoscheme, mais rejeter l’obligation de financer l’agriculture biologique dedans ;
  • Adopter l’obligation pour la Commission européenne d’empêcher qu’une même personne puisse toucher plus de 500 000€ du 1er pilier ou 1 million d’aides à l’investissement –soit non pas dans un esprit de redistribution des aides mais de barrage aux oligarques de pays de l’Est, mais rejeter l’interdiction de toucher des aides PAC pour les dirigeants des pays membres ou leur famille ;
  • Adopter la conformité de la PAC avec l’accord de Paris, mais rejeter l’obligation de baisse de 30% des gaz à effet de serre d’origine agricole ;
  • Adopter l’obligation de respecter les directives européennes en matière sociale (c’est-à-dire création d’une conditionnalité sociale), mais rejeter celle de respecter toutes les directives en matière de protection minimale des animaux (pour la conditionnalité de bien-être animal) ;
  • Adopter l’approbation des plans stratégiques nationaux des États membres par la Commission européenne au regard du Pacte vert, mais rejeter l’intégration des objectifs de ce dernier dans le règlement ;
  • Adopter le doublement du budget à consacrer au renouvellement générationnel (4% au lieu de 2), mais rejeter les diverses initiatives pour se détourner progressivement des aides à la surface qui encouragent l’agrandissement au détriment des nouvelles installations de paysans.

La LPO relève tout de même une avancée positive du côté de l’Organisation Commune des Marchés : un des trois textes proposés apporte une vision claire à l’association, celle de la nécessaire régulation des marchés agricoles, préalable indispensable pour redonner aux paysans du revenu et du pouvoir dans la chaîne de valeur. La LPO regrette que ce pas dans la bonne direction pourtant mineur soit affecté par le rejet à quelques voix près d’un amendement qui visait à rendre obligatoire la réduction des volumes de production en cas de crise. « Cette  obligation  aurait pourtant permis d’éviter l’effondrement des prix payés aux agriculteurs lors de périodes de surproduction, ainsi que l’export à un très bas coût de nos surplus dans les pays du Sud, où ils déstabilisent complètement les marchés alimentaires locaux », indique la LPO