🔻 Un rapport du WWF reconnaît son inaction face aux violations des droits de l’homme

Photo d'illustration ©Gabriel Balderas - Wikimedia

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Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) a récemment publié un rapport d’enquête en réponse aux allégations portées par une série d’articles publiés par Buzzfeed en 2019. Ces articles accusaient des membres de l’ONG de fermer les yeux sur des violences effectuées par des gardes forestiers que le WWF soutient en Afrique Centrale et en Asie.

En 2019, le magazine web Buzzfeed publiait une série d’articles accusant le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) de fermer les yeux sur des atteintes aux droits de l’homme observées en Afrique Central et en Asie. Le WWF a donc commandé une enquête indépendante d’un groupe d’experts des droits de l’homme pour faire état des violences effectuées par les gardes forestiers sur les communautés locales. Le document récemment publié dévoile que les membres du personnel des bureaux nationaux du WWF et plus particulièrement en Afrique Centrale savaient depuis des années qu’il y avait des allégations de violences et mauvaises conduites de la part des gardes forestiers soutenu par l’Organisation. Le panel d’experts a constaté que les bureaux locaux ont souvent privilégier les relations avec les agences gouvernementales locales chargées de la gestion des zones protégées plutôt que la sécurité des communautés indigènes voisines.

Il est précisé que le panel n’avait pas de preuve que le WWF ait spécifiquement ordonné aux gardes forestiers de violer les droits de l’homme des peuples autochtones locaux. En revanche, il est constaté que les responsables nationaux du WWF n’ont pas donné de réponses crédibles aux allégations de « multiples violations des droits de l’homme » afin d’éviter d’offenser les agences gouvernementales hôtes directement chargées des opérations des gardes forestiers, indique le rapport.

L’enquête a été menée sur six pays : la République démocratique du Congo, la République Centrafricaine, le Cameroun, la République du Congo, le Népal et l’Inde. Le WWF apporte un soutien aux agences gouvernementales locales chargées de la gestion des zones protégées de chacun de ces pays. Cela se traduit par la formation de gardes forestiers qui bénéficient en plus de primes salariales s’ils remplissent les critères de patrouille. Le panel d’experts en charge de l’enquête a conclu que dès 2008, les membres du personnel du WWF ont entendu des témoignages « crédibles » faisant état de graves violations des droits de l’hommes commises par les gardes forestiers. Au Cameroun, par exemple, 15 représentants du groupe autochtone Baka ont assisté à une réunion au bureau local du WWF le 1er juillet 2008, où ils se sont plaints de « passages à tabac extrajudiciaires » perpétrés par les gardes contre le peuple Baka qui chassait et pêchait traditionnellement à l’intérieur des parcs nationaux.

Plusieurs rapports partagés par l’ONG de défense des droits des peuples autochtones Survival International puis soutenus par des enquêtes menées par des consultants engagés par le WWF, ont également détaillé de nombreuses et vastes allégations de viols et de meurtres. Le rapport dévoile des années de réponses hasardeuses aux allégations d’abus par les gardes forestiers mais félicite également le WWF pour avoir pris des mesures plus récentes dans le but d’intégrer des protections de droits de l’homme dans les futures opérations.

Lire le rapport du WWF