La Polynésie française abrite certains des récifs coralliens les plus sains du monde (2 mn)

Photo © Julius Silver de Pixabay

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Les résultats de la plus vaste mission de cartographie des coraux jamais menée en Polynésie française ont été publiés : l’état de santé des coraux et la diversité des poissons de récifs dans certaines zones sont remarquables.

La Global Reef Expedition (GRE) est une mission, soutenue par la Fondation Khaled bin Sultan Living Oceans Foundation, visant à cartographier les récifs coralliens du monde entier. Pendant sept mois, en 2012 et 2013, plus de 70 scientifiques ont notamment collaboré à l’étude et à la cartographie des récifs coralliens autour des îles de la Polynésie française dans le Pacifique Sud. L’entreprise était d’une ampleur sans précédent: les chercheurs ont parcouru plus de 8 000 kilomètres, y compris des endroits jamais étudiés par les scientifiques auparavant. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Ils ont mené près de 4 000 études sur les récifs coralliens et les poissons dans 264 sites de plongée répartis sur 29 îles, et ont cartographié plus de 9 300 kilomètres carrés (3 590 milles carrés) à l’aide d’images satellites. Les conclusions de cette expédition, publiées dans un nouveau rapport, sont porteuses d’espoir. Au moment des relevés, la Polynésie française avait l’une des couvertures coralliennes les plus saines du monde, et une des plus grandes diversité et densité de poissons de récif de la planète. La couverture de coraux vivants sur l’archipel des Gambier, par exemple, était « extraordinaire« , écrivent les chercheurs, avec une moyenne de 58 % et atteignant près de 70 % par endroits. Ces chiffres sont élevés non seulement pour la Polynésie française mais pour l’ensemble du Pacifique Sud, ajoutent-ils, à tel point que les Gambier pourraient être identifiés comme une zone refuge où les récifs pourraient avoir une plus grande résilience aux changements environnementaux.

De même, l’archipel des Tuamotu, qui a également une très forte couverture corallienne, a présenté une diversité et une densité d’espèces de poissons de récif parmi les plus élevées par rapport à de nombreux autres pays étudiés dans le cadre du GRE, avec une moyenne d’environ 300 individus par 100 mètres carrés. Les scientifiques n’ont pas encore identifié les facteurs qui ont permis aux archipels des Gambier et des Tuamotu de conserver des coraux et des communautés de poissons plus sains que dans d’autres endroits, même s’ils soupçonnent qu’une plus faible pression humaine (pêche, sédimentation, ruissellement localisé…) pourrait expliquer ces tendances.

D’autres facteurs tels que la disponibilité en nourriture, les nutriments, la présence d’autres organismes benthiques, les populations de poissons et d’invertébrés contribuent également à la bonne santé des récifs coralliens. Cependant, tous les récifs coralliens de Polynésie française ne se portaient pas bien au moment des relevés. Certaines parties des archipels de la Société et des Australes, par exemple, avaient été gravement endommagées au début des années 2000 par des cyclones tropicaux et des épidémies d’étoiles de mer de l’acanthaster pourpre, une grande étoile de mer qui se nourrit de polypes coralliens. Ces régions avaient une très faible couverture corallienne, de l’ordre de 5 à 8 %.

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