🔻 Les mesures de l’UE pour protéger ses océans sont « insuffisantes » selon la Cour des comptes

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La Cour des comptes européenne a publié un rapport révélant que l’Union Européenne ne fait pas assez pour protéger et restaurer ses océans. Pourtant diverses politiques sont mises en place pour soutenir les efforts de conservation.

Bien qu’elle ait mis en place des politiques pour sauvegarder son environnement marin, l’Europe ne parvient pas à protéger ses océans, selon la Cour des comptes européenne (CCE). Dans un rapport publié le 26 novembre, l’institution indépendante au sein de l’Union européenne a examiné les efforts de protection du milieu marin entre 2018 et 2020. Le but était de voir si les politiques existantes dans le cadre de l’UE répondent aux principales pressions exercées sur la biodiversité et les habitats marins. Ce rapport révèle que l’Union Européenne n’a pas pris suffisamment de mesures pour restaurer ses mers en difficulté ou pour favoriser une pêche durable.

L’UE possède un réseau complexe de règles, de lois et de directives pour gérer son environnement main. On compte notamment la politique commune de la pêche (PCP), élaborée pour réglementer les flottes de pêche et conserver les stocks de poissons ou encore la directive-cadre « Stratégie pour le milieu marin » (MSFD) qui fournit une politique marine globale destinée à intégrer les réglementations en matière de pêche et d’environnement. Seulement, le rapport met en lumière le fait que ces politiques, qui semblent adéquates, ne sont pas mises en pratique.

Dans certains cas, le rapport relève que certaines des politiques semblent même contradictoires les unes avec les autres. La CCE prend l’exemple des zones marines protégées (ZMP). De nombreux États membres de l’UE ont établi des ZMP dans leurs eaux territoriales, conformément aux engagements de conservation énoncés dans la directive-cadre sur la sécurité maritime et les directives sur la pêche. Cela leur permet d’imposer des restrictions de pêche aux navires appartenant à leurs citoyens. Seulement la politique commune de la pêche (PCP) donne aux États membres de l’UC le droit de pêcher dans les eaux d’autres États membres, même dans les ZMP d’autres pays.

En 2019, on comptait plus de 3 000 aires marines protégées (AMP) dans les eaux de l’UE ce qui aurait dû permettre d’atteindre l’objectif de protection de 10% des océans d’ici 2020, défini par l’objectif 14 de développement durable des Nations Unies et l’objectif 11 de la Convention sur la biodiversité biologique (accords d’Aichi). Seulement, la CCE note que les AMP ne sont pas suffisamment protégées pour observer un réel impact positif sur la biodiversité marine. L’institution fait d’ailleurs référence à un rapport publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) qui suggère que seulement 1% des AMP européenne assurent une protection complète.

Les données rassemblées dans le rapport montrent aussi que les États membres de l’UE n’atteignent pas la plupart des objectifs. Le cas mentionné est celui de la PCP qui stipule que les captures de pêche doivent être fixées à des limites durables d’ici 2020. Le rapport a constaté des améliorations dans l’océan Atlantique, mais les stocks sont toujours surexploités en Méditerranée. Certains pays sont également pointés du doigt en ce qui concerne le financement alloué aux efforts de conservation du milieu marin. L’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal n’utiliseraient en effet qu’environ 6% des fonds du Fonds européen pour la pêche et la mer pour des mesures de conservation liées à la directive-cadre sur la sécurité maritime et aux directives sur les habitats marins.

Bien sûr, le rapport souligne quand même quelques mesures positives mises en place par l’UE notamment dans l’océan Atlantique mais rappelle qu’il faut concentrer les efforts sur trois points en particulier qui sont :

  • La mise en œuvre des changements réglementaires et administratifs nécessaires pour protéger les espèces et les habitats sensibles ;
  • L’amélioration significative des mesures de protection en mer Méditerranée ;
  • L’augmentation du potentiel de financement de l’UE à des fins de conservation.

Lire le rapport