La bataille des moulins à eau

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Une proposition de loi sur la préservation des moulins à eau relance le débat sur les impacts potentiels de ces aménagements sur les cours d’eau.

La bataille est relancée entre défenseurs et détracteurs des moulins à eau. Le 7 mars dernier, une quarantaine de députés du groupe Les Républicains ont déposé une proposition de loi sur la préservation des moulins, au nombre d’environ 19 000 en France, « dont 3.400 présentent un fort enjeu patrimonial » selon le texte. La proposition assure que ces aménagements permettent « la protection du patrimoine et de l’environnement » et instaure par ailleurs la différenciation entre moulins et barrages dans le cadre de la continuité écologique des cours d’eau : « le blocage définitif des déplacements des poissons migrateurs relève de la seule responsabilité des barrages ».

Le code de l’environnement, appuyé par les défenseurs de l’environnement, exprime pourtant clairement la menace potentielle des moulins à eau sur les écosystèmes aquatiques en imposant aux propriétaires de se mettre aux normes afin de « permettre la circulation des organismes vivants et le bon déroulement du transport des sédiments ». Ainsi, la loi qui encadre les obligations de continuité écologique préconise que certains moulins ouvrent régulièrement les vannages, ou encore aménagent une passe à poissons ou une rivière de contournement. Certains sont purement et simplement supprimés. En décembre dernier, dans une tentative d’apaisement des tensions entre les défenseurs des cours d’eau, pour lesquels les moulins perturbent l’équilibre naturel, et les défenseur d’un patrimoine pluriséculaire qui permettrait la production d’une énergie verte, les ministères de la culture et de l’écologie ont mis au point une grille d’analyse multicritères. Elle a vocation, dans le cadre du processus de diagnostic sur un moulin, de confronter l’enjeu « patrimoine » et l’enjeu «continuité écologique » pour orienter les prises de décisions.