Extraction de granulats au Matelier : le parc marin réitère son refus (2 mn)

Photo © Laurent Mignaux-MEDDE

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Saisi d’une demande d’avis sur le projet d’extraction sur le milieu marin (zones de nourriceries en particulier), porté par les sociétés Granulats Ouest et Dragages, transports et travaux maritimes (DTM), le conseil de gestion du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et la mer des Pertuis s’est prononcé contre le projet. Il s’agît d’un avis conforme, que les pétitionnaires et les pouvoirs publics devront donc respecter.

Les sociétés Granulats Ouest et DTM ont pour projet d’exploiter le gisement du Matelier (à 1,5 km de la côte) et d’y extraire, durant 30 ans, un volume de 13 millions de m3 de sables et de graviers sur 4,3 km2. Ces granulats marins, ressource complémentaire aux granulats extraits à terre, sont destinés à la construction d’ouvrages en béton dont les besoins vont croissants sur les zones littorales. Le conseil de gestion du Parc naturel marin a rendu un avis conforme défavorable le 5 décembre 2016 à cette demande d’extraction, estimant que cette activité impactait trop négativement le milieu marin, dans un secteur fortement soumis à l’érosion côtière. Prenant en compte l’avis du Parc, le Ministère de l’économie et des finances, en charge des mines, a rejeté en 2017 par arrêté la demande de concession de granulats. Suite à la requête déposée par les 2 sociétés pétitionnaires, le tribunal administratif de Poitiers a annulé le 21 juin dernier le rejet de la concession minière, au motif que les impacts du projet sur les écosystèmes marins n’étaient pas suffisamment étayés par le conseil de gestion du Parc naturel marin. Dans le cadre d’un réexamen du dossier enjoint par le juge, le Ministre de l’économie et des finances a sollicité de nouveau fin septembre 2018 le conseil de gestion pour rendre un avis conforme sur les demandes de concession minière et d’autorisation d’ouverture de travaux miniers sur le gisement du Matelier, situé dans un secteur d’une grande richesse écologique.

Le projet d’extraction se situe sur une zone intégrant 4 aires marines protégées, reflétant l’importance du secteur pour les espèces, les habitats et les fonctionnalités écologiques, et à l’embouchure de la Gironde, le plus vaste estuaire d’Europe occidentale. Celui-ci est le dernier à abriter l’ensemble du cortège de poissons migrateurs amphihalins et, notamment, la dernière population d’esturgeon au niveau mondial. Cette zone est également caractérisée par la présence de zones de nourriceries pour de nombreuses espèces de poissons d’intérêt commercial. Le trait de côte y est en constante évolution, avec une érosion marquée des côtes adjacentes à l’embouchure de la Gironde. 

Le conseil de gestion étant de nouveau saisi par le Ministre de l’économie et des finances pour émettre un avis conforme, l’équipe du Parc naturel marin a produit une analyse technique approfondie démontrant que les impacts négatifs du projet étaient avérés sur le milieu marin et que le projet n’était pas compatible avec les finalités du plan de gestion du Parc.