Espaces naturels protégés : des labos à ciel ouvert ? (2 mn 30)

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Une étude conduite par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) identifie 7 pistes pour améliorer encore la coopération –déjà fructueuse– entre chercheurs et gestionnaires d’espaces protégés.

Les espaces naturels protégés (ENP) offrent des terrains privilégiés pour la recherche et l’expertise, dans un contexte marqué par la nécessité, pour les gestionnaires d’ENP, de réagir à des problèmes socio-écologiques complexes de manière scientifiquement fondée et, pour les chercheurs, de démontrer la pertinence sociale et environnementale de leurs travaux. Chercheurs et gestionnaires constituent des groupes professionnels distincts, dotés d’objectifs et de contraintes spécifiques, qui peuvent tirer parti de leurs différences pour améliorer leurs propres pratiques et poser ensemble de nouvelles questions. Toutes les recherches menées dans les ENP ne font pas et n’ont pas nécessairement vocation à faire l’objet de collaborations. Toutefois, le développement de collaborations qui soient considérées satisfaisantes par les deux parties répond au souhait et au besoin croissants des chercheurs et des gestionnaires de davantage et mieux travailler ensemble, dans le respect de leurs spécificités. Il requiert une meilleure interconnaissance entre les deux univers professionnels et la constitution d’une communauté transdisciplinaire à la frontière entre science et gestion. Les collaborations entre chercheurs et gestionnaires peuvent relever de plusieurs modèles : un  le pratico-centré orienté prioritairement vers l’appréhension des questions des gestionnaires, un modèle sciento-centré orienté prioritairement vers la production de connaissances scientifiques fondamentales ou finalisées, et un modèle hybride qui vise également les deux objectifs.

« Du fait de leurs parcours de formation, scientifique pour la majorité d’entre eux, ces gestionnaires ont développé une proximité de pensée et d’intérêt avec les chercheurs qui travaillent sur la biodiversité et sur les relations à la nature, écrivent en préambule de l’étude Gilles Landrieu (AFB) et Arnaud Collin (RNF), l’un et l’autre membres du Conseil d’orientation stratégique de la FRB. Ils les fréquentent dans leurs conseils scientifiques, dans certains colloques et événements technico-scientifiques et les accompagnent souvent dans leurs recherches dans les milieux naturels. Ces collaborations constituent des moments forts de leur vie professionnelle qui peuvent déboucher sur de nouvelles manières de penser, de voir et de faire, essentielles au bon fonctionnement des sociétés humaines ». 

L’étude débouche sur six pistes de recommandations pour améliorer la collaboration entre les deux professions :

  1. 1. Affirmer le rôle des espaces naturels protégés comme terrains privilégiés pour la recherche et l’expertise ;
  1. 1. Affirmer le rôle des espaces naturels protégés comme terrains privilégiés pour la recherche et l’expertise ;
  2. 2. Mieux se connaître entre chercheurs et gestionnaires par la formation ;
  3. 3. Décloisonner les disciplines et les échelles de la recherche dans les espaces naturels protégés ;
  4. 4. Pérenniser les collaborations entre chercheurs et gestionnaires ;
  5. 5. Encourager les expérimentations et les innovations de la recherche dans les espaces naturels protégés ;
  6. 6. Valoriser, restituer, diffuser les résultats de la recherche dans les espaces naturels protégés.

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