Le golfe du Morbihan perd ses oiseaux d’eau (1 min 30)

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Les résultats du comptage annuel des oiseaux d’eau du golfe du Morbihan pour la saison 2015-2016 une tendance à la baisse continue, notamment pour les canards et les oies.

L’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) vient de rendre publique les résultats de la campagne annuelle de suivis des oiseaux hivernants et migrateurs dans le golfe du Morbihan pour la saison 2015-2016. La tendance à la baisse déjà constatée durant les hivers précédents se confirme nettement : « Le golfe du Morbihan a perdu plus de 30 % de ses oiseaux d’eau hivernants depuis le début des années 1990, indique l’ONCFS dans un communiqué. Au maximum de la saison 2015-16, l’effectif total de bernaches, canards, foulques et limicoles ne dépasse plus 70 000 individus. »

Ce déclin continu est particulièrement net pour les canards et oies, notamment la bernache cravant (-51% entre 1991 et 2016), le canard siffleur (-65%), le canard pilet (-54%) et le fuligule milouin (-97%). « Les effectifs de la bernache cravant, un des oiseaux emblématiques du golfe, dépasse difficilement les 10 000 individus en novembre, contre près de 30 000 il y a une trentaine d’année. » Chez les oiseaux plongeurs, c’est surtout le garrot à œil d’or, dont il ne subsiste que quelques dizaines d’hivernants, qui connaît un grave déclin : -86% entre 1991 et 2016. Concernant les limicoles, la stabilité de leurs effectifs masque des tendances contrastées : alors que le nombre de barges à queue noire hivernantes augmente (+ 150%), celui de bécasseaux variables diminue (-32%). Les limicoles connaissent donc des changements significatifs de structures de populations.

D’après l’ONCFS, « les résultats des comptages 2017-2018 dans le golfe du Morbihan viennent confirmer les tendances des années antérieures : les conditions d’accueil des oiseaux d’eau migrateurs et hivernants se sont fortement détériorées depuis les années 1990 dans le golfe du Morbihan, et cette dégradation semble se poursuivre. » Les espaces les mieux protégés s’en sortent le mieux : Les secteurs du golfe du Morbihan bénéficiant des statuts de protection les plus forts, telle que la Réserve Naturelle Nationale des Marais de Séné, sont ceux qui continuent à héberger la majorité des oiseaux. Mais « en surface cumulée, ces espaces représentent moins de 10% de la surface du golfe du Morbihan. » L’analyse des comptages souligne la nécessité d’approfondir les connaissances dans certains domaines, comme sur la modification des habitats naturels dans le golfe, (les vasières, les prés salés, les herbiers de zostères – dont se nourrissent principalement la bernache cravant et le canard siffleur), et les effets des activités humaines.

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