Laissez goupil tranquille !

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Un travail de synthèse s’appuyant sur plus de 60 études scientifiques vient d’être publié par le Collectif Renard Grand Est, afin de faire tomber quelques idées préconçues sur le renard roux.

Grâce à son incroyable faculté d’adaptation, qui le voit même s’installer dans les villes, le renard roux possède la plus grande aire de distribution mondiale de tous les carnivores terrestres. Classé parmi les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ex-nuisibles), le renard peut être détruit par tous les moyens (piégeage et tir) tout au long de l’année, dans tous les départements de France. Selon des chiffres de l’Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage (Oncfs), 430 000 renards sont tués au fusil et environ 100 000 par piégeage chaque année en France. Le travail de synthèse effectué par le Collectif Renard Grand Est tend « clairement à démontrer que non seulement le renard roux est loin d’être le coupable désigné, mais qu’en plus l’acharnement dont il fait l’objet est un non-sens écologique et totalement contre-productif ». Ainsi, bien qu’opportuniste, le renard se nourrit principalement de micromammifères, comme les différentes espèces de campagnols, dont la prolifération peut causer d’importants dégâts aux activités agricoles et sylvicoles. Cette fonction de prédation a donc son importance dans la régulation des rongeurs.

Mais le renard s’illustre positivement d’autres manières : il est par exemple un disséminateur de graines non négligeable en ce qu’il complète son régime alimentaire par de nombreux fruits et baies ! Par ailleurs, la pression qu’il exerce sur les rongeurs aurait des effets en cascades sur la propagation de la maladie de Lyme : les micromammifères étant des réservoirs importants de tiques, vecteurs de la maladie, leur régulation permet également de la contenir. Dans un communiqué, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a indiqué qu’elle se joignait au Collectif Renard Grand Est « pour interpeller l’État et les préfets, qui autorisent piégeage, déterrage et tirs des renards tout au long de l’année, de jour comme de nuit. Ils doivent […] cesser de prendre des décisions basées uniquement sur des éléments dogmatiques et d’un autre âge qui ne génèrent que souffrance animale, déséquilibre naturel et favorisent la transmission de maladies à l’homme. » Une pétition demandant à Nicolas Hulot de retirer le renard roux de la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » a aussi été lancée à l’initiative de l’association One Voice.

Pour la signer

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