Loups : Travert dit vouloir tendre vers « zéro attaque » contre les élevages

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Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a assuré vendredi vouloir tendre vers un objectif « zéro attaque » de loups contre les élevages dans le cadre d’un nouveau « plan Loup », mais sans préciser les moyens à mettre en place, lors d’une visite dans une ferme de brebis sur le plateau du Larzac (Aveyron).

« Dans quelques semaines nous allons nous mettre autour de la table pour travailler sur ce plan loup pluriannuel » 2018-2022, a déclaré le ministre, qui visitait un élevage de 750 brebis à Cornus, en présence de plus d’une centaine d’éleveurs, maires et parlementaires locaux. « Ce plan loup devra à la fois respecter l’intégralité des territoires qui sont touchés et faire en sorte que les éleveurs aient les moyens de protéger à la fois les animaux mais aussi leurs installations, a-t-il promis. Nous devons faire en sorte que les loups qui sont présents sur les différents massifs ne reviennent pas. Lorsque le loup sent le danger, il ne revient pas. Aujourd’hui, il sent qu’il n’y a pas de danger particulier, donc l’animal revient auprès des troupeaux, et donc nous devons trouver des moyens mais nous les trouverons ensemble », a-t-il assuré. Le ministre a répété viser « le zéro attaque ». « Zéro attaque, c’est pas zéro loup », a-t-il ajouté. Cela signifie-t-il, par exemple, autoriser davantage d’abattages ? « Ce n’est pas une question de chiffres, c’est les moyens que nous allons mettre en place, c’est d’abord constituer un plan loup pluriannuel, pour avoir de la visibilité dans la durée », a-t-il répondu. Devant la vaste grange du GAEC du Figayrol, des éleveurs avaient placé le cadavre d’une brebis égorgée par un loup. Selon la chambre d’agriculture et les syndicats, 138 animaux ont été tués depuis le début de l’année dans le département. Plusieurs éleveurs ont témoigné de leur quotidien depuis des attaques de loups, qui surviennent selon la chambre d’agriculture depuis 2013 dans le Larzac, terre de fabrication du Roquefort. « Je suis venu vous écouter et j’ai parfaitement entendu ce que vous me dites », a affirmé le ministre, régulièrement interrompu lors de son intervention par des sifflements et des interpellations d’éleveurs demandant des précisions ou jugeant notamment que « le loup n’est pas compatible avec l’agropastoralisme ».

« J’ai entendu un message du ministre qui dit +je veux tendre vers zéro attaque+, mais de quelles façons, j’ai pas eu de réponse claire », a réagi auprès de l’AFP l’eurodéputé EELV José Bové, qui a aussi estimé que cette visite avait permis une « prise de conscience du ministre sur ce que vivent les éleveurs ».

La concertation annoncée par le ministre ne semble toutefois pas s’engager sous les meilleurs auspices : la semaine dernière, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Jeunes Agriculteurs (JA), les Chambres d’agriculture (APCA) et la Fédération nationale ovine (FNO) avaient quitté la réunion d’information et d’échange, organisée le 12 septembre dernier à Lyon par les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. Les organisations agricoles contestaient la proposition des ministères d’« interdire les tirs de prélèvement avant la fin de l’été » et dénonçaient « une expansion territoriale du loup souhaitée » dans le prochain plan 2018-2022.