Des corridors biologiques à haute tension

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Un colloque tenu hier à Paris a clôturé le programme Life porté par Réseau de transport d’énergie (RTE) et son homologue belge Elia en vue de transformer, en Belgique et en France, certaines emprises forestières des tracés de lignes à haute tension en corridors écologiques.

Débuté en septembre 2011 pour une durée de 6,5 ans, le projet était piloté par une équipe de 7 personnes employées par 2 structures, Solon et le CARAH, deux associations sans but lucratif de droit belge. Le projet LIFE Elia-RTE a été cofinancé par l’Union européenne (Programme LIFE), Elia (gestionnaire du réseau de transport d’électricité en Belgique), RTE (gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France) et la Région wallonne. Les actions de restauration visaient à mettre en place des pratiques innovantes pour la gestion de couloirs verts en forêt, et de sensibiliser différents publics à l’importance de la biodiversité dans ces habitats linéaires.

Sous la majeure partie de leur linéaire, les couloirs créés dans les forêts pour permettre le passage en sécurité des lignes à haute tension sont en forme de « U » : au centre, le sol ras, régulièrement gyrobroyé avec, de part et d’autre, une transition abrupte vers la forêt de haute futaie.

Le but des actions d’amélioration est de créer et de restaurer des lisières en interface entre le couloir et la forêt qui l’entoure : le couloir est alors en forme de « V » ouvert. La création de ces lisières amène, avec son cortège d’ arbres de taille et d’essences variées, toute une série d’espèces d’insectes, de mammifères et d’oiseaux qui sont absents des couloirs dont les abords sont « propres » et régulièrement entretenus. La forêt se trouve enrichie d’essences secondaires fort intéressantes et trop souvent absentes des grands massifs forestiers. Les lisières limitent fortement les dégâts que peut occasionner le vent aux peuplements forestiers, grâce à leur forme étagée qui joue un rôle de tremplin et fait passer le vent par dessus les grands arbres de la périphérie des massifs. Elles peuvent aussi être très riches en bois mort, qui abrite une foule d’insectes et offre des loges utiles aux oiseaux et chauves-souris. Une fois densifiées, les lisières  freinent la croissance d’arbres de grande taille qui constituent un danger pour  la ligne (bouleau, épicéa, hêtre). Leur entretien est réduit à un passage régulier pour abattre, de façon ciblée, uniquement les essences de grande hauteur avant que leur croissance ne constitue un risque là où, dans la pratique habituelle de gestion des corridors de lignes HT on gyrobroye totalement le couloir.

D’autres actions ont été conduites dans le cadre du programme : création de mares, restauration de tourbières, de landes ou de prairies fleuries, lutte contre les espèces invasives, implantation de races rustiques pour l’entretien des espaces par pâturage…

Le colloque de clôture du programme, tenu à Paris, avait été précédé d’une première rencontre à Namur fin novembre.