Un observatoire pour les forêts tropicales aménagées

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L’Observatoire des forêts tropicales aménagées vient d’être créé par un accord de collaboration entre 18 institutions internationales, dont, pour la France, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Ce réseau va permettre un suivi des forêts tropicales exploitées et formulera des recommandations pour une sylviculture durable.

75 % des forêts tropicales sont perturbés par les activités humaines. Comprendre l’écologie et la résilience de ces écosystèmes exploités est essentiel pour connaitre leur rôle futur dans l’atténuation du réchauffement et la conservation de la biodiversité des territoires. Dans cette optique, l’Observatoire des forêts tropicales aménagées est le seul à s’intéresser aux forêts tropicales exploitées, les autres dispositifs existants (Rainfor et CTFS) concernant les forêts dites primaires. « Le réseau, désormais officiel, va bénéficier d’une plus grande visibilité, souligne Plinio Sist, chercheur au Cirad et coordinateur du réseau. Il s’agit maintenant de le faire vivre à travers le montage de projet  »,

L’observatoire existe de façon informelle depuis 2012. À l’époque, le Cirad saisit l’opportunité d’un financement du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR, programme Forest Tree and Agroforestry) pour fédérer plusieurs sites expérimentaux sur les trois continents (Amazonie, Bassin du Congo et Asie du Sud-Est). Ces sites assurent un suivi de la dynamique forestière après exploitation et interventions sylvicoles. Certains d’entre eux existent depuis plus de 30 ans comme Paracou (Guyane), Mbaïki (République centrafricaine) ou Tapajos en Amazonie brésilienne. « L’objectif est d’avoir une vision à la fois régionale et pantropicale de la résilience de ces forêts  », explique Plinio Sist. En effet, « les forêts du Nord-Est de l’Amazonie ne réagissent pas de la même manière à l’exploitation que celles situées au sud du bassin forestier. Les données de l’observatoire ainsi replacées dans un contexte régional ont davantage d’impact pour adapter les recommandations d’une sylviculture durable.  »