Commerce d’espèces protégées : les nouvelles règles de la CITES

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Ces dispositions entrent en vigueur en janvier 2017.

Si vous passez aujourd’hui un contrôle douanier dans un aéroport ou un port international, sachez que de nouvelles réglementations portant sur le commerce de plus de 500 espèces animales et végétales viennent d’entrer en vigueur.

Elles ont été adoptées il y a 90 jours à Johannesburg (Afrique du Sud), à la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP17). Dès le début de cette nouvelle année, les 183 Parties à la CITES (182 pays et l’Union européenne) – le traité international qui régit le commerce mondial des espèces sauvages – vont appliquer de manière homogène ces contrôles à leurs citoyens et à leurs entreprises.

Pour le Secrétaire général de la CITES, John E. Scanlon, : « La CoP17 de la CITES a changé la donne pour les espèces sauvages du monde entier, avec plus de 500 nouvelles espèces dont le commerce international est maintenant soumis à un contrôle, et notamment des espèces marines et forestières de grande valeur. La CITES a également adopté une vaste gamme de décisions audacieuses et puissantes afin de traiter de sujets cruciaux, tels que la lutte contre la corruption et la cybercriminalité, et afin d’élaborer des stratégies bien ciblées pour réduire la demande en espèces sauvages d’origine illégale. »

Les Parties à la CITES ont adopté 51 propositions visant à modifier le statut de l’inscription aux annexes CITES de plus de 500 espèces d’animaux et de plantes sauvages, 39 résolutions (révisées ou nouvelles) et 351 décisions. Veiller au commerce légal, durable et traçable des espèces CITES est essentiel pour leur conservation à long terme.

Poursuivant la tendance de la CoP précédente, les Parties ont décidé une protection de niveau plus élevé de nouvelles espèces marines à forte valeur commerciale, notamment avec l’inscription à l’Annexe II du requin soyeux, de tous les requins-renards et de toutes les raies du genre Mobula. Cela signifie que le commerce de ces espèces ne peut maintenant avoir lieu que s’il est prouvé scientifiquement qu’il ne sera pas préjudiciable à la survie de l’espèce à l’état sauvage.

La réussite de la CITES à soutenir le commerce légal et durable du bois et à lutter contre son commerce illégal a entraîné, lors de la CoP17, l’inscription de plus de 300 espèces produisant du bois, à savoir toutes les espèces de bois de rose et de palissandres du genre Dalbergia du monde, soumettant ainsi leur commerce aux contrôles de la CITES.

Le commerce international légal du bois a une valeur s’élevant chaque année à des centaines de milliards de dollars. Les agents des douanes aux frontières à travers le monde vérifient les permis CITES de toutes les cargaisons internationales.

La CoP17 a placé les pangolins – des espèces d’Afrique et d’Asie, mangeuses de fourmis, auparavant presque inconnues – sous les projecteurs de la scène internationale. Ils sont désormais largement reconnus comme étant parmi les mammifères faisant l’objet des plus forts taux de braconnage et de trafic dans le monde. Les gouvernements ont décidé d’offrir aux pangolins le plus haut niveau de protection à travers leur inscription à l’Annexe I, qui interdit tout échange commercial international de spécimens prélevés dans la nature.

Certaines espèces moins connues mais tout aussi importantes sont, à partir d’aujourd’hui, soumises aux règlements CITES sur le commerce. Il s’agit notamment du nautile, du baobab de Grandidier, et de nombreux amphibiens et reptiles, comme les abronies ou lézards arboricoles, le gecko Cnemaspis psychedelica, le lézard-crocodile de Chine, la grenouille Telmatobius culeus et la grenouille tomate – des espèces souvent présentes dans le commerce des animaux de compagnie et dont le commerce nécessite un contrôle pour en assurer la durabilité et la légalité.