La LPO lance une campagne de promotion de la biodiversité urbaine. Une étude de l’Institut national de santé publique du Québec recense les effets positifs de la nature en ville sur la santé publique. Et c’est impressionnant !
Epargnée par l’agriculture intensive et la chasse, la ville a paradoxalement longtemps été un refuge pour certaines espèces y trouvant gîte et couvert, et ce malgré les pollutions. Aujourd’hui, mis à part certaines espèces opportunistes, il est avéré que la biodiversité dans sa globalité est en déclin, même en milieu urbain.
Considérés comme des indicateurs de l’état de santé des milieux, les oiseaux affichent un déclin alarmant. À titre d’exemple, pressentant une baisse des populations de moineaux dans un grand nombre de villes d’Europe, la LPO et le Centre Ornithologique Ile de France (CORIF) lançaient dès 2003 une enquête de suivi de l’évolution de cette espèce à Paris. Treize ans après, les résultats confirment et même dépassent leurs craintes : la population de moineaux parisiens s’effondre avec une perte de 73% entre 2003 et 2016 ! Si les causes de cet effondrement sont multiples, le signal n’en est pas moins sérieux.
Le Moineau domestique est une espèce anthropophile (proche de l’Homme) qui nous accompagne depuis le Paléolithique. Son déclin constitue un avertissement qui nous impose de réagir. D’autant que les moineaux ne sont pas les seuls à souffrir en milieu urbain…
Les humains aussi ! Une étude de l’Institut national de la santé du Québec pointe tous les bénéfices pour la santé de la présence d’espace »s verts (et donc, en creux, les inconvénients de leur absence). « Les espaces verts sont bénéfiques pour la santé physique, surtout parce qu’ils fournissent des opportunités pour faire de l’activité physique. La présence d’espaces verts aurait également des effets positifs sur la réduction de l’obésité, de l’embonpoint et de la morbidité qui y est liée. Enfin, les espaces verts dans les quartiers permettent une réduction de la mortalité associée à certaines maladies. Les espaces verts ont également des bienfaits sur la santé mentale, comme la réduction des symptômes de dépression et la réduction du stress. Ils affecteraient positivement le bien-être mental, le sentiment de rétablissement, la bonne humeur et la vitalité. Pour les personnes âgées, cette verdure permet une meilleure disposition pour la marche et réduit les risques de problèmes de santé chroniques.
Chez les enfants, le couvert végétal agit positivement en réduisant l’indice de masse corporelle (IMC) et en augmentant la pratique d’activité physique à l’extérieur. Les espaces verts ont également un impact sur la santé mentale des enfants en favorisant le calme, l’attention et la concentration en milieu scolaire, notamment pour les enfants aux prises avec un trouble du déficit de l’attention, et favorisent la réduction du stress. Chez les nouveau-nés, la présence de verdure dans l’environnement maternel a été associée à une diminution des risques périnataux. Les espaces verts sont également responsables de certains bénéfices sociaux. Ils contribuent à briser l’isolement social en créant des milieux de rencontres, tendent à diminuer la criminalité des quartiers et proposent une biodiversité qui influence indirectement la santé. Le jardinage communautaire apporte un impact positif sur la santé mentale et les rapports sociaux, permet de réduire le stress et l’anxiété, accroît le sentiment de développement personnel et la confiance en soi des jardiniers. Cette activité offre la possibilité d’adopter un mode de vie plus sain. La présence d’espaces verts à proximité du domicile favorise leur achalandage, la distance maximale recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étant de 300 mètres. Les espaces verts bien entretenus et sécuritaires influencent leur utilisation. En outre, les espaces verts qui disposent d’équipements sportifs, de sentiers pour la marche, de fontaines ou d’aires de jeux, par exemple, sont plus susceptibles d’être utilisés par les personnes de tous les groupes d’âge.
Si la présence de grands espaces verts est reconnue comme ayant des bénéfices sur la santé, il en va de même des arbres sur les rues et des petits parcs, qui densifient la végétation des quartiers et offrent des parcours ombragés. De façon générale, les bénéfices des espaces verts s’avèrent plus importants dans les secteurs plus défavorisés. Certaines pistes d’actions sont relevées pour favoriser une meilleure intervention, notamment tenir compte des préoccupations et des besoins des utilisateurs lors de la conception des espaces verts, protéger les aires boisées et limiter l’utilisation des espèces allergènes. »
La LPO propose de favoriser la végétalisation des surfaces (au sol, sur les façades, sur les toits) et y gérer les eaux pluviales ; de connecter ces surfaces entre elles par des haies et des alignements d’arbres pour créer des trames vertes urbaines qui permettent au vivant de circuler et de se nourrir ; d’aménager des cavités dans la ville pour que la faune puisse s’y abriter, de poser des nichoirs et des gîtes à insectes, d’éviter les pièges en valorisant le verre sérigraphié pour les surfaces vitrées, en neutralisant les cavités dangereuses ; de proscrire l’éclairage inutile, et de favoriser les expériences de nature auprès des citadins.

