Frelon asiatique : le casse-tête

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FNE et l’OPIE renouvellent leur mise en garde contre le piégeage

Il est désormais admis que le frelon asiatique est une espèce exotique envahissante désormais solidement implantée en Europe, et qu’il ne sera pas possible de l’éradiquer, en dépit des dégâts considérables qu’il inflige aux ruchers domestiques. Pour limiter ses prédations, le piégeage est parfois considéré comme une arme efficace et sélective, susceptible d’épargner les autres insectes. Ce n’est pas l’avis de l’OPIE (Office pour la protection des insectes et de leur environnement) ni celui de France nature environnement (FNE), qui publient régulièrement des mises en garde contre cette pratique donc l’efficacité est discutable : d’après une équipe de l’INRA de Bordeaux (2012) et du Muséum national d’Histoire naturelle (2013), le piégeage n’aurait aucun impact réel sur les populations de frelon asiatique, qui restent équivalentes dans les zones piégées par rapport à des zones sans pièges ! Mais s’ils semblent épargner le frelon ciblé, les pièges sont néfastes pour d’autres pollinisateurs : Il a été prouvé dès 2009 par des entomologistes de la Linnéenne de Bordeaux, que ces pièges ne sont pas sélectifs, et capturent et tuent de très nombreux insectes non ciblés.

Dès lors, l’OPIE et FNE conseillent, conformément aux recommandations du Muséum national d’Histoire naturelle et du Ministère de l’Agriculture :

  • de s’abstenir de tout piégeage préventif qui massacre un grand nombre d’insectes non cibles sans affecter les populations de Frelon asiatique ;
  • de ne pas pratiquer de piégeage printanier (très faible impact sur le nombre de colonies en été) ;
  • de piéger, de fin juin à mi-novembre, uniquement à proximité des ruchers attaqués pour faire diminuer la pression de prédation, en utilisant comme appât le jus de cirier (plus « sélectif » que la bière).
  • de participer à des campagnes locales organisées de détection des nids.

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