Le retour de l’Agent Orange

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Avez-vous entendu parler de l’Agent Orange ? Mais non, pas le type qui vous harcèle pour vous fourguer un forfait mobile.

L’Agent Orange est une arme de destruction massive largement utilisée par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam (1955-1975). Il s’agit d’un herbicide, cancérigène et tératogène (qui provoque des malformations chez les nouveau-nés) produit par la firme Monsanto. En cinq ans, entre 1961 et 1966, plus de 40 % des terres arables vietnamiennes ont été rendus stériles, et près de la moitié des forêts a été détruite. Des bébés qui naissent aujourd’hui forment la 4ème génération qui porte les stigmates de cette barbarie.

La semaine dernière, l’armée israélienne s’est souvenue des bonnes vieilles méthodes de l’Oncle Sam : ses avions ont pulvérisé du glyphosate à haute concentration sur le sud du Liban, rendant le territoire concerné stérile et inhabitable pour longtemps. Vous savez, le glyphosate, cet herbicide cancérigène produit par la firme Monsanto (tiens…) et que l’agro-business et son prophète la FNSEA exigent de pouvoir utiliser sans retenue. L’objectif des dirigeants israéliens est bien de vider cette terre libanaise de sa population : dans leur stratégie l’écocide n’est que la poursuite du génocide par d’autres moyens.

En France, sous la pression de la FNSEA, le gouvernement favorise le recours aux pesticides contre le principe de précaution, contre les recommandations du Conseil de l’Ordre des médecins, contre les avis de la Ligue contre le cancer, de centaines de sociétés savantes et de milliers de scientifiques et de médecins.

Vous aimez l’humour très très noir ? Vous allez hurler de rire : en 2016, la firme Bayer a acheté Monsanto pour 66 milliards de dollars, avec ses produits phares cancérigènes comme le glyphosate et l’Agent Orange. Et l’an passé, elle a acheté pour 1,3 milliards à la firme Kumquat Biotechnologies la licence… d’un médicament anti-cancéreux, qui vient renforcer sa branche pharmaceutique déjà prospère grâce au Nubeqa, utilisé pour traiter… le cancer de la prostate !

Bayer se gave une première fois en dealant les molécules qui nous inoculent le cancer, et une deuxième fois en dealant les molécules censées nous en soigner. Trop fort, non ?