Par Jean-Philippe Grillet – À pied, en vélo ou à bord de son voilier, l’auteur parcourt les rivages de la Méditerranée. La Grèce, l’Italie, la France et d’autres pays encore l’attirent ; il s’agit de paysages actuels ou très anciens qu’il a souvent découverts grâce à ses lectures nombreuses. Des paysages encore sauvages et (surtout ?) très humanisés. En effet, la présence humaine, les traces et la fragilité qu’elles leurs imposent le touchent particulièrement.
Il connaît fort bien ces rivages en sorte que ses promenades sont d’incessantes redécouvertes, avec un bonheur quotidien. Bateaux et pêcheurs, souvent les uns et les autres usés, criques et plages sans trace, ports et villages minuscules : tout l’émeut et l’incite à un récit d’une étonnante beauté qui, comme un poème sans cesse réécrit, emporte le lecteur. Celui-ci, qu’il connaisse ou non ce littoral toujours renouvelé, cède à l’harmonie des mots, à la beauté des paysages.
Sans oublier que les nuages, comme les étoiles, sont des muses poétiques. Que silences et horizons se dilatent. Que les câpres (…) annoncent au marcheur des merveilles estivales, avec le blanc charnu des pétales et le violet vibrant des étamines, en un chef d’œuvre de sensualité florale. Qu’un grand laurier-rose fleuri (…) cache une toxicité sauvage. Que sur les rives de la Méditerranée, la beauté a survécu à l’insensé massacre des paysages côtiers. Que la Méditerranée est la scène majestueuse d’une histoire ancienne dont nous sommes conjointement les protagonistes et les gardiens.
En nous laissant aller aux mots du poète, nous goûterons les odeurs si précieuses de la mer.
Jean-Philippe Grillet
L’odeur de la mer, Promenades en Méditerranée, Fabio Fiori, éditions Le bruit du monde, 2025, 96 pages, 16 €


