La sylviculture durable au service de la biodiversité et de l’économie en Colombie

Photo d'illustration ©JoergRosenthal de Pixabay

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Basée à Tarapaca, une étendue de forêt vierge à la pointe sud-est de la Colombie, l’entreprise d’exploitation durable de bois de Flor Angela Martinez serait un exemple d’activité économique rentable qui respecte la biodiversité.

Tarapaca est une étendue de forêt vierge située à la pointe sud-est de la Colombie. Faute de route vers l’intérieur du pays, cette région de l’Amazonie a pu être préservée d’une déforestation massive et de l’avancée de l’exploitation agricole. C’est là-bas que Flor Angela Martinez a créé son entreprise d’exploitation durable de bois, explique le site d’information Mongabay. Dans une interview accordée au média web, Corine Vriesendorp, écologiste en chef du Field Museum de Chicago, partage les résultats d’un inventaire biologique et social effectué en novembre 2019. Cet inventaire a passé au peigne fin la concession de Mme Martinez pour récolter des données sur la biodiversité présente sur cette terre. Les résultats de cet inventaire pourront être utilisés pour faire pression plus efficacement en faveur de la conservation de la région.

Mme Vriesendorp a déclaré à Mongabay que la région de Tarapaca présente l’un des niveaux de biodiversité les plus élevés de l’Amazonie. Cette zone compte environ 3 000 espèces de plantes, 400 espèces d’oiseaux (dont une nouvelle espèce découverte dans la concession de Mme Martinez), des centaines de poissons et de nombreuses espèces de mammifères. L’écologiste note que le modèle d’entreprise de Mme Martinez contribue à maintenir ce bon niveau de biodiversité dans la région. En effet, les conditions de travail y sont confortables : des dortoirs, une cuisine avec un cuisinier, des toilettes et même la télévision sont mis à disposition des travailleurs dans cette zone reculée. Par conséquent, les employés de Mme Martinez n’ont pas besoin de chasser pour se nourrir, ce qui se ressent sur la santé biologique de la région.

Beaucoup de producteurs travaillent illégalement car le commerce légal du bois impose des coûts importants aux petits producteurs. Une étude interne du WWF partagée avec Mongabay a montré qu’il y a souvent jusqu’à quatre intermédiaires entre ceux qui coupent le bois en Amazonie et ceux qui l’achètent à Bogotá, la capitale colombienne. Chaque intermédiaire perçoit une redevance en cours de route. M. Pacheco, coordinateur des ressources naturelles et des moyens de subsistance du WWF Colombie explique à Mongabay qu’adopter la sylviculture durable est un moyen de produire et vendre légalement tout en ayant un chiffre d’affaires satisfaisant. Ce moyen de production permet aux producteurs de vendre directement aux acheteurs, ce qui élimine les intermédiaires.