Les faucons Hunt et Apollo « employés » d’Ajaccio pour effaroucher les étourneaux

Photo d'illustration © Paul Sprengers from Pixabay

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« Pour Hunt, c’est un jeu, comme un chien qui joue avec un ballon ». Faucons et buses sont utilisés à Ajaccio pour faire fuir hors du centre-ville les quelque 200 000 étourneaux de passage, dont les déjections empoisonnent la vie des habitants.

En Corse, les faucons sont « employés » pour repousser des milliers d’étourneaux. « On repousse les étourneaux de la ville, qui n’est pas leur habitat naturel, vers les Sanguinaires« , un chapelet d’îles situé à sept kilomètres du centre, explique à l’AFP Ludwig Verschatse, fauconnier d’origine flamande. Il travaille avec sa femme, Gonda Vercaigne, à effaroucher les nuées d’oiseaux migrateurs à l’aide de Hunt et Apollo, leurs deux faucons Gerfaut, ou de l’une de leurs trois buses de Harris.

Une méthode « écologique » et « respectueuse de la protection animale« , utilisée « depuis cinq ans » par la mairie d’Ajaccio et qui « marche très bien« , indique à l’AFP Jean-Pierre Aresu, adjoint chargé de l’hygiène. La présence des étourneaux est « un problème de santé publique » estime-t-il puisqu’ils « peuvent transmettre des bactéries à l’homme« . Les étourneaux forment des vagues que l’on appelle « murmurations » et semblent danser dans le ciel. Mais si leur ballet aérien laisse les spectateurs admiratifs, au sol, la déferlante de fiente recouvrant voitures et trottoirs est moins appréciée des riverains. À l’aube et au crépuscule, depuis une semaine, le fauconnier lâche l’un decses rapaces pour « créer un sentiment d’insécurité » chez les oiseaux qui, après une journée dans les collines autour d’Ajaccio, dans des oliviers sauvages, rejoignent la ville pour y passer la nuit, à l’abri des feuilles des platanes.

La mission de Hunt, un jeune faucon de trois ans à la tête noire, au plumage moucheté et au bec et pattes jaunes, est « d’évoluer entre la cime des platanes et le groupe des étourneaux afin de les empêcher de descendre dans les arbres, juste par sa présence dissuasive« , indique le fauconnier. « Il faut en moyenne trois ans de travail quotidien avant que le rapace ait pigé ce qu’on lui demande« , en l’occurrence de ne pas tuer les étourneaux et de revenir manger auprès de son maître, ajoute-t-il, en insistant : « On n’est pas là pour éradiquer les étourneaux mais pour les effaroucher« . Néanmoins, du fait de la détection d’un cas de grippe aviaire en Haute-Corse, la France et donc la Corse sont placées depuis mardi sous des mesures de précaution qui empêchent de faire voler les rapaces, mettant un terme plus tôt que prévu à cette opération d’effarouchement qui était envisagée jusqu’à dimanche, a-ton appris auprès de la préfecture de Corse et de Ludwig Verschatse. Installé près de Tarbes (Hautes-Pyrénées), le fauconnier belge officie en Corse mais aussi dans d’autres régions de France et même au tournoi de tennis de Roland-Garros pour faire fuir les pigeons.