Do – do dièse – ré : voici le plus ancien instrument de musique (14 000 ans)

Photo d'illustration © Merlin Charon modèle 3D - CNRS

1597
MerlinCharon
⏱ Lecture 2 mn.

80 ans après la découverte d’un Triton à bosses dans une grotte des Pyrénées, des scientifiques dévoilent dans une étude publiée dans Sciences Advances le son que produit le coquillage. Il s’agirait selon eux du plus ancien instrument à vent de ce type.

En 1931, un grand coquillage de l’espèce Charonia Lampas (Triton à bosses) a été découvert lors de fouilles archéologiques dans la grotte de Marsoulas, entre la Haute-Garonne et de l’Ariège. Cette grotte témoigne de la culture magdalénienne, une culture qui date d’il y a 14 000 à 21 000 ans et qui se caractérise par le travail de l’os et des animaux et par des réseaux d’échanges très vastes. La grotte de Lascaux en est un exemple célèbre. Des scientifiques du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS), du Muséum de Toulouse, de l’Université de Toulouse – Jean Jaurès et du musée du quai Branly – Jacques-Chirac, ont publié une étude dans la revue Science Advances dévoilant le son de ce qu’ils considèrent être « le plus ancien instrument à vent de ce type ».

Un examen approfondi de la conque a permis de déterminer que le coquillage avait été modifié par l’homme pour en faire un aérophone – un instrument de musique à vent. « La pointe de la coquille est cassée, formant une ouverture de 3,5 cm de diamètre ». Les scientifiques considèrent que cette partie étant la plus dure de la coquille, il ne peut pas s’agir d’une cassure accidentelle. À l’autre extrémité, l’ouverture du Triton à bosses présentes également des traces de retouche. Les chercheurs ont invité à un joueur de cor pour confirmer l’hypothèse que la conque servait à produire des sons. Le musicien a réussi à produire des notes proches du do, do dièse et ré. « L’ouverture étant irrégulière et recouverte d’un enduit organique, les chercheurs supposent qu’un embout y était fixé, comme c’est le cas sur des conques plus récentes des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac », indique le CNRS dans un son communiqué.

Consulter l’étude