Le maire de Montpellier met fin à la chasse sur les terrains communaux

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Le maire socialiste de Montpellier Michaël Delafosse a annoncé jeudi vouloir résilier les conventions de chasse sur tous les terrains de la commune afin d’assurer « la sécurité des promeneurs et la quiétude des habitants ».

Une première résiliation sur des terrains situés dans le quartier Millénaire-Grammont, à l’est de la ville, fin décembre avait suscité une levée de boucliers des pro-chasse et des maires de petites communes de la métropole présidée par M. Delafosse. « Chaque maire sur ce sujet sensible est souverain, ce n’est pas une compétence intercommunale », a rappelé à l’AFP l’édile qui se définit comme un maire « socialiste, très écolo ». 

Elu en 2020 à la tête de la ville de près de 300.000 habitants après une alliance pour le second tour avec EELV, M. Delafosse compte également dans son équipe un élu du Parti animaliste. La mesure qui correspond à un engagement de campagne est déjà effective à ce site sur 70 hectares. « Pour la sécurité des promeneurs, pour la quiétude des habitants, on ne peut pas laisser la chasse aux oiseaux et aux lapins s’opérer, justifie le maire quadragénaire de Montpellier. Et de prendre l’exemple de Grammont : c’est un espace pour les joggeurs, les familles, le samedi les gens s’y marient et ils n’ont pas à entendre des coups de fusil. Je fais partie de ceux qui déplorent les dramatiques accidents de chasse et on peut avoir le sentiment que les chasseurs, qui se posent en régulateurs de la biodiversité, devraient quand même s’interroger sur ces tragédies des personnes blessées ou décédées »,poursuit M. Delafosse. L’édile de la septième ville de France invoque également des « raisons éthiques »: « à titre personnel, je pense qu’il y a d’autres formes de loisir aujourd’hui et que le bien-être animal est aussi un sujet ».

Dans la région Occitanie où se situe Montpellier, la chasse a traditionnellement un poids social et politique important. Mais sa pratique fait l’objet d’une contestation croissante, y compris en zone rurale, de la part d’habitants et de promeneurs. Ils estiment que cette activité menace leur sécurité et n’est pas assez règlementée, notamment au niveau de la distance des tirs par rapport aux habitations. Sur la saison de chasse 2019-2020, 141 victimes d’accident de chasse ont été recensées en France dont 11 lors d’accidents mortels. En décembre, un jeune homme de 25 ans a notamment été tué devant sa maison dans le Lot par un chasseur qui a affirmé l’avoir « pris pour un sanglier ».