Désastre écologique au Kamtchatka : des experts confirment le rôle d’algues toxiques

Photo d'illustration ©Nathalia Kollegova de Pixabay

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La mort massive d’animaux marins près des côtes de la péninsule du Kamtchatka, dans l’Extrême-Orient russe, a été provoquée par des algues toxiques, selon les résultats définitifs d’analyses dévoilées vendredi par l’Académie russe des sciences.

Depuis septembre, des habitants du Kamtchatka ont constaté la présence d’impressionnantes quantités d’animaux marins morts sur les plages de l’océan Pacifique, et souffert de brûlures et de vomissements après avoir été en contact ou près de l’eau. Les autorités ont ouvert une enquête pour « violation des règles de gestion des substances et déchets dangereux pour l’environnement » et « pollution marine« . Mais les hypothèses d’une pollution due aux hydrocarbures ou à une décharge de pesticides à proximité ont par la suite été écartées officiellement. La mort massive des animaux marins est survenue en raison des « effets toxiques » de micro-algues, a assuré vendredi Andreï Adrianov, vice-président de l’Académie russe des sciences, lors d’une réunion en ligne présentant les derniers résultats des analyses effectuées par des scientifiques russes.

Pour sa part, Svetlana Radionova, cheffe de l’Agence de surveillance écologique Rosprirodnadzor, a annoncé que plus de 5.000 examens n’avaient pas permis d’établir un « impact d’origine humaine » sur la faune marine. Plus tôt dans la journée, les enquêteurs russes avaient indiqué avoir exclu la possibilité d’une fuite d’hydrocarbures ou d’une décharge toxique à l’origine de l’incident. Selon eux, les niveaux élevés de phénol et de produits pétroliers signalés précédemment près des côtes du Kamtchatka n’étaient « pas critiques » et y avaient été observés pendant des décennies. Plusieurs experts ont cependant affiché leur désaccord avec cette conclusion.

La branche russe de Greenpeace a annoncé n’exclure aucune piste avant d’avoir eu les résultats de sa propre enquête. Les algues pourraient avoir été contaminées par une décharge d’eaux usées ou une fuite d’engrais, a déclaré à l’AFP une experte de l’ONG, Elena Sakirko. « Malheureusement, les informations disponibles aujourd’hui ne confirment pleinement aucune version de la crise écologique au large du Kamtchatka« , a indiqué de son côté le Fonds mondial pour la nature (WWF). La Russie connaît régulièrement des catastrophes environnementales, à l’image de la fuite de 21.000 tonnes de carburant dans des cours d’eau en Arctique, fin mai, après l’affaissement d’un réservoir d’une centrale thermique près de Norilsk.