Ornithorynque : en plus du reste, il brille dans le noir !

Photo d'illustration ©-Klaus

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Le phénomène de biofluorescence généralement observé chez les poissons, reptiles et amphibiens a récemment été documenté chez un mammifère déjà bien particulier, l’ornithorynque. Des chercheurs dévoilent ce qu’ils pensent être le tout premier cas de biofluorescence chez un mammifère monotrème sous lumière UV.

Chez les mammifères, la biofluorescence du pelage sous la lumière ultraviolette (UV) a déjà été documentée dans des taxons nocturnes-crépusculaires du Nouveau Monde, notamment les marsupiaux opossums et les polatouches. Une étude publiée par DE GUYTER documente la découverte de la fluorescence du pelage de l’ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus), le premier cas de biofluorescence chez un mammifère monotrème sous lumière UV.

Les ornithorynques sont des monotrèmes semi-aquatiques qui vivent dans les ruisseaux, les lacs et les lagunes de l’est de l’Australie, du Queensland à l’État de Victoria et à la Tasmanie. Les ornithorynques sont typiquement nocturnes-crépusculaires et utilisent une série de traits phénotypiques uniques pour exploiter les environnements aquatiques peu éclairés à l’aube, au crépuscule, pendant la nuit et dans les eaux troubles. Les chercheurs expliquent que parmi les espèces de mammifères dont le pelage biofluorescent sous UV était connu auparavant, toutes sont nocturnes-crépusculaires et seul l’opossum aquatique est semi-aquatique.

Cette nouvelle observation de la biofluorescence chez l’ornithorynque sous lumière UV renforce l’hypothèse que ce trait est adaptatif dans des environnements peu éclairés. La découverte de la biofluorescence chez l’ornithorynque ajoute une nouvelle dimension à la compréhension de ce trait chez les mammifères. La biofluorescence a maintenant été observée chez les écureuils volants placentaires du Nouveau Monde, les opossums marsupiaux du Nouveau Monde et l’ornithorynque monotrème d’Australie et de Tasmanie. Les auteurs soulignent que ces taxons, qui vivent sur trois continents et dans des écosystèmes très divers, représentent les principales lignées de Mammifères. La biofluorescence chez les mammifères n’est pas limité à quelques spécialistes étroitement liés. Aussi le débat est-il ouvert : la biofluorescence est-elle un trait ancestral des mammifères ?

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