Une base de données permet d’analyser les mouvements des animaux de la région pan-arctique

Photo d'illustration © Maike-und-Björn-Bröskamp-de-Pixabay.

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Une publication dans la revue Science dévoile l’importance d’un outil d’archive pour analyser l’impact des changements sur la biodiversité à l’échelle pan-arctique.

L’archive électronique «Artic Animal Movement Archive » (AAMA) est un outil élaboré pour regrouper les mouvements des animaux de l’arctique. Une étude publiée dans Sciences révèle l’importance de ce nouvel outil pour analyser l’impact des changements globaux sur la biodiversité. La base de données regroupe déjà des informations de plus de 200 études scientifiques, avec plus de 15 millions de positions animales concernant 8000 individus de 96 espèces différentes.

Les chercheurs ont pu mener des premières études de cas en utilisant l’AAMA. La publication de Sciences analyse 21 ans de données sur les déplacements des ours noirs, des grizzlis, des caribous et des loups afin d’observer leur réaction aux changements de températures saisonnières. Chaque groupe réagirait différemment, ce qui pourrait avoir des conséquences sur les interactions entre prédateurs et leurs proies. Les scientifiques ont remarqué que les troupeaux de caribous se trouvant le plus au nord ont commencé à mettre bas plus tôt au printemps. Ce changement a pu être observé grâce à 17 ans de données de suivi de plus de 900 caribous femmes. Il est considéré comme « mystérieux » par les spécialistes.

Une analyse similaire effectuée sur un échantillon de 100 aigles royaux migrant vers le nord a révélé un changement dans la période d’arrivée aux sites de reproduction. Ces résultats se basent sur 24 ans de données. Il a été constaté qu’après des hivers relativement doux, les oiseaux dits « immatures » arriveraient plus tôt que les oiseaux adultes. Cette évolution serait alors susceptible d’avoir un impact sur leur succès de reproduction et présenter de nouveaux défis. Les chercheurs précise que toutes ces données fournies par le AAMA permettent non seulement de récoltées des données sur les mouvements migratoires de nombreuses espèces mais surtout de les utiliser à bon escient. Elles pourront être mises en avant lors de l’éventuelle mise en place de zones de conservations ou encore jouer dans la balance lorsqu’il s’agit d’interdire ou fermer les activités des industries d’extraction.

Voir l’étude 

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