🔻 Les populations d’invertébrés du Lac Victoria se sont effondrées

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Le lac Victoria, situé à l’est de l’Afrique centrale est le lac plus grand du continent. Il abrite les écosystèmes d’eau douce les plus riches en espèces de la planète. Une étude récente publiée dans Molecular Ecology a montré que les transformations écologiques récentes avaient intensifié l’effondrement des populations d’invertébrés.

Comme de nombreux espaces naturels, le lac Victoria à l’est de l’Afrique centrale n’a pas échappé aux perturbations anthropiques. L’introduction de la perche du Nil et les pêcheries industrielles ont fortement perturbé la région écologique du lac Victoria mais également des lacs et rivières avoisinantes d’après une étude publiée dans Molecular Ecology. Le lac Victoria est connu pour être l’abri d’une radiation évolution d’environ 500 espèces de poissons cichlidés. Il est considéré comme un véritable « vivier de Darwin », terme utilisé par l’auteur et biologiste néerlandais Tijs Goldschmidt faisant référence à la théorie de l’évolution darwinienne et au bassin d’eau naturellement alimenté en eau de mer, idéal pour la conservation et l’élevage des poissons et crustacés. Laboratoire naturel d’étude de l’évolution, le Lac Victoria a cependant été transformé en « la plus grande pêcherie continentale d’Afrique », selon le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS).

L’écorégion du lac à subit des pressions anthropiques importantes comme la dégradation et la modification des habitats, la pollution, la surexploitation des stocks halieutiques, l’introduction d’espèces envahissantes et le changement climatique. Seules les populations de poissons cichlidés largement représentés dans l’écorégion font l’objet d’études détaillées permettant de comprendre l’interaction controversées entre l’environnement et la diversité de la région. Afin d’élargir les connaissances sur ce lac et de mieux évalués l’impact des changements écologiques, une équipe de chercheurs a examiné la diversité génétique et la démographie historique au sein des populations de gastéropodes vivipares, élément important du réseau trophique.

Les résultats publiés dans la revue Molecular Ecology distinguent trois groupes de gastéropodes qui sont génétiquement isolés. Pour ces trois groupes, une diminution importante des populations qui a commencé jusqu’à 150 000 ans en arrière, a été observée. Ce déclin a donc débuté largement avant que les changements anthropiques apparaissent et également avant les diminutions de stocks de cichlidés. Cependant, il a été noté que les récentes détériorations des écosystèmes a mené à un effondrement majeur. L’étude estime que les populations de ces gastéropodes ont des tailles 200 fois inférieures à celles d’il y a quelques centaines de milliers d’années. « La détérioration des écosystèmes entraîne l’homogénéisation de micro-habitats auparavant diversifiés et contribue à la disparition, voir l’extinction, de certaines espèces, et à une augmentation du flux génique entre les espèces au sein des groupes. », explique le CNRS dont les chercheurs ont participé à l’étude. Les recherches soulignent l’importante de comprendre les transformations de l’écosystème d’eau pour maintenir la biodiversité et mieux gérer la pêche dans cette écorégion.

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