Des populations de coraux survivent mieux au blanchiment en l’absence de nuisance humaine

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Des populations de coraux survivent mieux au blanchiment provoqué par les vagues de chaleur dues au changement climatique, à condition qu’il n’y ait pas de nuisances causées par l’homme, selon une étude parue le 4 décembre 2020.

Les chances de survie pour les coraux « sont fortement liées aux perturbations chroniques » causées par l’homme, selon des biologistes des universités canadienne de Victoria et américaine de Washington. Selon une étude publiée le 4 décembre 2020, les coraux survivent mieux au blanchiment provoqué par les vagues de chaleur s’il n’y a pas de nuisances supplémentaires causées par l’homme. Et cette survie passe plutôt par un rétablissement des colonies que par une résistance aux vagues de chaleur, selon le document parue dans Nature Communications. L’équipe menée par Danielle C. Claar a étudié la façon dont le plus grand atoll de corail au monde, Kiritimati, dans le Pacifique, a été touché par une vague de chaleur en 2015-2016.

Ces anomalies thermiques provoquent le blanchissement, un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. La hausse de la température de l’eau (enregistrée dans ce cas à plus de 29 degrés Celsius pendant plusieurs mois) entraîne l’expulsion des algues symbiotiques donnant au corail sa couleur et ses nutriments. Mais les chercheurs ont observé plusieurs phénomènes allant à l’encontre des idées reçues dans ce domaine, comme celle que le blanchiment serait une sentence de mort. « Nous avons été très surpris (…) de constater que non seulement tous les coraux n’étaient pas morts, mais que certains n’avaient même pas l’air en mauvaise forme ou blanchis« , a déclaré à l’AFP Julia Baum, co-autrice de l’étude.

« Ils s’étaient remis, tout en se trouvant encore dans des conditions stressantes« , a expliqué cette professeure de biologie à l’Université de Victoria. Le rétablissement d’une colonie de corail ne dépendrait donc pas uniquement d’une baisse de la température de l’eau. Mais il y a un truc. Seuls ceux épargnés par « des facteurs de stress locaux« , comme par exemple la pollution de l’eau, avaient une plus grande chance de s’en sortir.  Les récifs de corail couvrent moins de 1% de la surface sous-marine mais aident la vie d’un quart des espèces marines en leur fournissant abri et nourriture.

Autre idée reçue : la plus grande résistance à la température que procure un genre d’algue symbiotique, serait la meilleure condition de survie du corail. Or les chercheurs ont constaté que si cela retardait le blanchissement, les coraux vivant en symbiose avec une algue plus sensible aux changements de température pouvaient très bien, voire mieux, s’en sortir.