Heureux comme un rapace en France ?

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La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et ses partenaires viennent de publier le bilan 2014-2018 des populations nicheuses de rapaces sur notre territoire.

Au nom de croyances populaires et accusés (à tort) de menacer les activités agricoles et cynégétiques, les rapaces ont longtemps été persécutés au point que certains d’entre eux sont aujourd’hui au bord de l’extinction. Dernier maillon de la chaîne alimentaire, les rapaces sont capables de donner des indications précieuses sur l’état de santé des milieux dans lesquels ils évoluent. Suivre l’évolution de leurs populations est donc primordial pour appréhender les changements que subit notre environnement « proche ». Dès le début des années 2000, un recensement national des rapaces diurnes voit le jour : l’Observatoire Rapaces. Depuis un suivi annuel est réalisé. L’objectif ? Affiner les connaissances sur l’état des populations nicheuse afin de dégager des tendances dans le but d’orienter les stratégies de conservation de ces espèces entièrement protégées.

Les rapaces fréquentent des milieux multiples : agricole, forestier, urbain, montagneux,… Ils ont par ailleurs des régimes alimentaires très variés. Certains sont spécialisés sur un type de nourriture. C’est le cas de la Bondrée apivore qui se nourrit d’insectes, du Faucon pèlerin qui se nourrit d’oiseaux, du Circaète Jean-le-Blanc qui se nourrit de reptiles ou encore du Balbuzard pêcheur qui se nourrit de poissons. D’autres comme la Buse variable, le Faucon crécerelle, le Busard Saint-Martin, etc. ont un régime alimentaire plus diversifié néanmoins composé majoritairement de micro-mammifères. Enfin les vautours dont font partie le Vautour fauve, le Vautour moine, le Vautour percnoptère et le Gypaète barbu sont spécialisés dans la consommation d’animaux morts. Ces caractéristiques permettent de couvrir la grande majorité des milieux rencontrés sur notre territoire.

Les suivis portent ainsi sur l’ensemble des espèces de rapaces présentent en France. Ils se divisent en deux à savoir le suivi des populations nicheuses et le suivi de la reproduction. Au total ce sont 34 espèces suivies dont 25 espèces de rapaces diurnes et 9 espèces de rapaces nocturnes. 6 965 couples et 9 049 jeunes à l’envol ont été recensés en 2018. Plus de 150 structures se sont impliquées grâce à l’engagement de plus de 5 500 observateurs. 6 espèces font désormais l’objet de Plan national d’actions, outil national important pour la sauvegarde des espèces menacées : le Faucon crécerellette, le Milan royal,  Le Balbuzard pécheur, le Vautour percnoptère, le Gypaète barbu, le Vautour moine. Les nichées de certaines espèces les plus vulnérables aux destructions et au dérangement lié aux activités humaines font en outre l’objet d’un suivi particulier.

Par ailleurs, de nouveaux Plans nationaux d’actions (PNA) ont récemment vu le jour ou sont en cours de rédaction grâce à l’analyse de ces suivis. En effet, une étude sur la population de Vautours moines des Grands-Causses a démarré pour déterminer les facteurs influant la dynamique de cette population. Un Plan national d’actions (2020-2029) portant sur les aigles pêcheurs est en cours pour assurer la conservation des populations nicheuses actuelles et futures, préserver leurs habitats et enrayer les causes de mortalité. L’impact des parcs éolien sur la population fragile de Faucon crécerellette est à l’origine de la rédaction d’un nouveau PNA.

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