Les chasseurs « traditionnels » menacent la ministre

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Des centaines de chasseurs se sont réunis mardi pour réclamer le retour des chasses traditionnelles, en particulier celles aux pantes (filets) et aux matoles (cages) utilisées contre les alouettes, interdites en mai par le Conseil d’État pour non conformité à la directive européenne « oiseaux ».

Le Conseil d’État français avait en effet jugé que ces techniques étaient non-conformes à la directive européenne « oiseaux » de 2009 qui interdit les techniques de capture massive d’oiseaux sans distinction d’espèces.

« Le 1er octobre est une date symbolique car c’est la journée d’ouverture de la chasse traditionnelle de l’Alouette, mais maintenant on ne chasse plus », regrette Michel Auroux, organisateur de cette manifestation, qui a rassemblé entre 300 et 600 personnes dans le sud-ouest de la France.

« La décision du Conseil d’État est pour nous inadmissible, surtout que la chasse de l’alouette au fusil est autorisée. Nous sommes venus ici exprimer notre ras-le-bol », a ajouté le président de l’association Chasseurs du Grand Sud-Ouest méprisés, qui regroupe environ 220.000 chasseurs.

« Si nous capturons une espèce protégée, elle est relâchée en très bon état. Nous avons mené une expérimentation dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes qui prouve qu’aucune espèce protégée n’était détruite, ni relâché en mauvaise état mais le Conseil d’État n’en a pas tenu compte », a-t-il argué.

Dans sa décision, la plus haute instance administrative française avait estimé que « ni sa durée ni les volumes d’oiseaux capturés sur lesquels elle s’appuie ne permettent de tirer de conclusions fiables et définitives ».

Les manifestants venaient de tout le Sud-Ouest, en particulier des quatre départements concernés par l’interdiction de la chasse traditionnelle à l’alouette (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques).

« C’est toutes les chasses traditionnelles qu’il faut défendre. Aujourd’hui c’est l’alouette qui est interdite, demain ce sera la chasse à la Palombe… on est vraiment menacés », a déclaré David Acheritogaray, venu du Pays basque.

Les chasseurs souhaitent rencontrer Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l’Environnement dont ils dépendent, pour lui demander de promulguer un nouvel arrêté « autorisant la chasse traditionnelle à l’alouette sur les quatre départements où elle est ancestrale ». Sinon, « nous durcirons le mouvement », avertit Michel Auroux.