« Blue » au cinéma : Disneyland-sur-mer

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Nouvel opus de Disneynature, en salles mercredi, « Blue » offre des images sublimes et inédites de la vie dans l’océan, film positif à dessein, pour tenter de sensibiliser un large public à la beauté et à la fragilité de la nature.

Le film, réalisé par deux vétérans du genre animalier, Keith Scholey et Alastair Fothergill, suit plusieurs personnages charismatiques dans l’onde claire, loin des plastiques ou des coraux blanchis par le réchauffement climatique: le dauphin « Blue » qui apprend à chasser au côté de sa mère, la baleine à bosse et son petit de 4 mètres, l’orque redoutée… Des images jamais vues tenant aussi bien à la patience (un an de tournage de la Polynésie au Mozambique ou aux Bahamas), qu’aux nouvelles technologies (drones, grues contrôlées à distance…). Les caméras montrent la nuit, s’approchent au plus près des grands animaux comme des petits, et saisissent des scènes folles: un banc de requins lancé sur une colonie de mérous, des dauphins formant des « cercles de sable » pour piéger les poissons, une bataille de baleines mâles pour la femelle… L’histoire, servie par la narration de Cécile de France, se concentre sur les merveilles de la nature, la transmission, l’apprentissage, la solidarité, l’interdépendance ou l’intelligence. Rien qui puisse heurter le spectateur, même s’il y a bien des rivalités, quelques prédateurs… Tout reste invariablement beauté et happy ends, même si le commentaire fait une rapide mention des pollutions, de la surpêche et du climat déréglé qui font aujourd’hui la réalité de l’océan. Jean-François Camilleri, fondateur de Disneynature il y a dix ans, assume: « L’idée est de créer des expériences, de l’émerveillement, pour que le public, quel que soit l’âge, tombe +amoureux+ et ait envie d’agir pour la nature. Tout ne peut être noir, on est sur du cinéma de divertissement utile », ajoute-t-il.

Comment sensibiliser au mieux aux enjeux écologiques? Le débat est récurrent. En 2009, le « Syndrôme du Titanic », plaidoyer pour la planète du très populaire Nicolas Hulot, n’avait pas eu le succès escompté par son auteur, critiqué pour son catastrophisme. « Si l’on met en avant les drames, il est possible que le message soit moins bien », assure pour sa part Jean-François Camilleri.