Par Jean-Philippe Grillet – Illustration Marine Naceri – Le papier caressant, la typographie légère, la mise en page qui prend le lecteur, les aquarelles précises et douces, – tout est beau, séduisant dans ce bel objet.Le texte, lui, est surprenant : l’auteure n’a découvert la botanique que six ans avant la parution du livre (voir la jaquette de la 2 de couv.). Est-elle vraiment botaniste ou se contente-t-elle d’offrir un savoir glané dans de multiples livres ? Mais est-ce finalement essentiel ? Le plaisir de la lecture ne compte-t-il pas avant tout ? Or ce plaisir est là. En dépit d’une insistance parfois un peu excessive sur le sexe (mais c’est bien ce qu’annonce le titre), elle nous propose la découverte de plantes surprenantes et de partenariats souvent très étonnants avec des oiseaux, insectes et mammifères. La vie ne se poursuit, ne se développe qu’à ces conditions. Dès l’origine, quand lichens, mousses, fougères et conifères, apparemment si simples, racontent déjà les plantes à venir. Quand les milieux naturels – l’eau, la terre, le désert – enrichissent la diversité. Puis l’invention de l’évolution suscite des végétaux, donc des paysages, dont le texte met fort bien la beauté, la richesse en valeur. Le sommaire invite à picorer ici et là, de plante en plante. Très vite le livre prend le pouvoir et emporte dans une lecture délicieuse !
Jean-Philippe Grillet
Sexus botanicus. Volupté végétale, excentricité organique, orgie florale… Joanne Anton, Arthaud, 2022, 184 pages, 19,90 €


