A lire : La Forêt aux violons

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Par Jean-Philippe Grillet – Antonio fait vivre La forêt aux violons. En effet, dès son enfance au XVIIe siècle, il aime les arbres et les violons. Au cœur des Montagnes roses, dans la forêt de Paneveggio, à l’est du Trentin (nord de l’Italie), il s’efforce de trouver les sapins, érables et surtout épicéas qui, après un long séchage, lui permettent de fabriquer des violons dont la sonorité chaude et vibrante, la résonance magistrale donnent la délicieuse impression qu’ils chantent. Des années durant, il peaufine ses violons qui, dans le moindre détail – le chevalet, l’âme, l’archet, les cordes, les voutes, la spirale de la volute, la table, les éclisses, le vernis – chantent aussi par leur beauté. Il devient le luthier des grands de son époque et des passionnés du violon, qu’ils se contentent de l’écouter ou qu’ils en jouent. Convaincu que sans un nom, ni les hommes ni les choses n’ont d’existence, il signe désormais ses créations en latinisant son nom : Antonius Stradivarius. Ce livre est éblouissant par l’intelligence de sa construction, la beauté de son écriture, la sensibilité du récit. Une merveille digne des violons et du luthier dont il raconte la vie.

J-P G.

La forêt aux violons, Cyril Gely, Points, 2020, 187 pages, 6,95 €