Une récente étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution a analysé le commerce d’espèces sauvages afin de déterminer son impact sur l’abondance des populations dans la nature. Les résultats montrent une perte importante du nombre d’espèces liée à cette activité.
De nombreuses espèces de la faune et de la flore sauvages (pangolins, orchidées, caméléons…) sont commercialisées pour en faire des animaux de compagnies, des médicaments de la médecine traditionnelle ou pour les transformer en produits alimentaires de luxe. Une récente étude, publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution a analysé le commerce d’espèces sauvages (animales et végétales) afin de déterminer son impact sur l’abondance des espèces dans la nature. Les chercheurs de l’Université de Sheffield au Royaume-Uni ont utilisé des études de terrain déjà existantes pour réaliser leurs travaux en plus de faire appel à des scientifiques sur des sites.
Ils se sont heurtés à une difficulté en particulier : le manque d’informations sur le sujet. Ils ont noté que la plupart des études sur le commerce d’espèces sauvages se concentraient sur les tendances du marché et non sur l’abondance des espèces dans leur habitat. Ils ont tout de même réussi à amasser des informations de 31 études. La majorité avait pour cas d’étude les tropiques d’Amérique du Sud. Quatre seulement portaient sur l’Asie et une seule sur l’Amérique du Nord. Ils ont aussi constaté que la plupart d’entre elles étudiaient les mammifères et avaient tendance à ignorer les autres groupes tels que les amphibiens, les lépidoptères, les arachnides, les orchidées et les cactus qui comprennent des certaines des espèces les plus commercialisées.
Les résultats montrent que dans l’ensemble, le commerce aussi bien légal qu’illégal a contribué à une diminution de 61,6 % de l’abondance des espèces. Les espèces menacées d’extinction ont subi une baisse encore plus importante de 81 %. Les chercheurs ont constaté que le commerce international a un impact bien plus important sur l’abondance des espèces que le commerce local. L’étude relève que plus une espèce voyage par le biais du commerce, plus son déclin est important. Les recherches attestent également que les espèces vivant dans des zones protégées ne s’en sorte que légèrement mieux par rapport aux espèces des zones non protégées. Le commerce entraine des baisses de 56% et 70,9% respectivement.
Les auteurs appellent à ce que de meilleures mesures de protection des espèces et une meilleure gestion des zones protégées soient mises en place et rappellent qu’environ 100 millions de plantes et d’animaux font l’objet d’un trafic international chaque année, contribuant à une industrie mondiale estimées entre 4 et 20 milliards de dollars chaque année.


