🔻 Dans l’arctique canadien, les orques ont trouvé la voie jusqu’aux narvals

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Le changement climatique a entraîné une fonte de glace dans l’Arctique, permettant aux orques d’aller chasser là où ils n’allaient pas. Les narvals y sont devenus leurs proies préférées, et un afflux constant d’orques pourrait entraîner une transformation de l’écosystème arctique.

Les narvals sont des baleines arctiques avec une caractéristique unique : les mâles ont une défense spiralée, en forme d’épée, qui peut atteindre 3 mètres. Mais ces créatures d’apparence magique sont confrontées à une nouvelle menace. Avec le changement climatique, la couverture de glace de l’Arctique rétrécit, les orques se déplacent plus loin et attaquent plus les narvals. Les orques ne sont pas nécessairement de nouveaux venus dans l’Arctique : ils ont été aperçus dans le détroit de Davis et la baie de Baffin dans l’Arctique canadien dès les années 1800, comme l’indiquent les anciens journaux de bord des baleiniers. Cependant, ces observations étaient assez rares. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Si l’Arctique n’était pas un terrain de chasse propice pour les orques, c’est parce que la glace de mer brisait leurs nageoires dorsales et qu’ils mourraient s’ils plongeaient sous la banquise, selon Colin Garroway, professeur adjoint à l’Université du Manitoba et co-auteur d’une nouvelle étude sur l’abondance des orques dans l’Arctique. Mais comme le changement climatique accélère la fonte des glaces, les orques ont obtenu un accès libre à l’Arctique pendant la saison estivale plus chaude, qui dure environ 90 jours. Selon l’étude, il y avait environ 136 à 190 orques dans la région du nord de l’île de Baffin au Canada chaque année entre 2009 et 2018. Cette estimation de la population est basée sur des informations de capture et de marquage photographiques.

La présence des orques dans l’Arctique s’avère conséquente pour d’autres espèces, notamment le narval, qui est devenu la source de nourriture principale pour les prédateurs pendant la saison des eaux libres dans l’Arctique. En analysant les besoins caloriques de la population d’orques ainsi que le contenu calorique des narvals, M. Garroway et ses collègues ont estimé que les orques dévoraient entre 1 076 et 1 504 narvals chaque saison. A l’heure actuelle, les orques ne semblent pas constituer une menace importante pour la population globale de narvals dans l’Arctique canadien, estimée à environ 200 000 individus, a déclaré M. Garroway. Les plus grandes menaces, selon lui, sont le changement climatique et la dégradation de l’habitat. Toutefois, si la tendance se poursuit, elle pourrait mettre en danger la population de narvals et provoquer une transformation de l’écosystème par effet domino.

Le narval est également une source de nourriture traditionnelle pour les personnes vivant dans l’Arctique canadien et groenlandais, donc tout déclin de la population de narvals pourrait affecter la sécurité alimentaire de ces régions. D’après les scientifiques, il sera donc essentiel de surveiller la présence des orques en partenariat avec les habitants du Nord qui vivent et chassent dans les eaux arctiques. En tant que personnes les mieux placées pour étudier la dynamique entre les orques et les narvals, ainsi que les plus touchées par les changements associés, les Inuits de l’Arctique canadien devraient faire partie intégrante des futurs efforts de surveillance, plaident-ils.

L’étude

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