🔻 Comment tirer profit de la déforestation pour lutter contre le changement climatique ?

Photo d'illustration © Florian-Plaucheur-AFP

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Aerial picture of a deforested area close to Sinop, Mato Grosso State, Brazil, taken on August 7, 2020. (Photo by Florian PLAUCHEUR / AFP)
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Un nouveau partenariat mis en place par le gouvernement Norvégien permet de fournir des images de l’évolution des forêts tropicales afin d’observer et d’anticiper la déforestation. En parallèle, une étude publiée dans le journal Nature montre les zones à reboiser pour lutter plus efficacement contre le changement climatique.

Le ministère norvégien du Climat et de l’Environnement a conclu un contrat de 43,5 millions de dollars avec trois groupes de technologie de surveillance par satellite : Kongsberg Satellite Services, Planet et Airbus. Ce contrat permet d’offrir un accès à des images satellites des forêts tropicales afin de mieux agir pour leur protection. Le contrat prévoit un accès libre aux images à tous. Cela permettrait aux ONG, aux communautés locales, aux gouvernements, entreprises et particuliers de visualiser les changements dans les forêts et par conséquent de mieux comprendre ce qui se passe sur le terrain.

L’agriculture, le développement des infrastructures, les incendies, l’exploitation minière et l’étalement urbain ont fait des ravages dans les forêts tropicales au cours des 40 dernières années. Les images jusqu’à présent enregistrées dévoilent qu’une superficie de forêt presque aussi grande que l’Europe a été détruite. En 2019, une zone de forêt primaire de la taille d’un terrain de football a été abattue toutes les 6 secondes. Ce nouveau partenariat va fournir des images de qualité 10 fois supérieures à celles proposées par le premier programme d’observation Landsat lancé en 1960. L’idée est de fournir un maximum de données aux ONG, communautés locales, gouvernements et entreprises pour qu’ils puissent agir contre la déforestation et ainsi lutter contre le changement climatique.

Les forêts représentent un allié puissant dans la lutte contre le changement climatique. Une étude publiée dans le journal Nature révèle que le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avait sous-estimé les taux de séquestration potentielle du carbone par les forêts. Jusqu’à 2,43 milliards de tonnes de carbone pourrait être absorbé grâce à la régénération de ces espaces. Cela signifie que la reforestation pourrait être un moyen plus puissant de lutter contre le changement climatique qu’on ne le supposait auparavant.

Les recherches effectuées aident à comprendre où la régénération naturelle des forêts a le plus de sens en tant qu’outil de lutte contre le dérèglement climatique. Elles donnent des précisions sur la quantité de carbone que les forêts régénérées peuvent absorber et indiquent les zones qu’il faut favoriser en priorité pour un reboisement efficace.

Les chercheurs ont cartographié les pays où la régénération naturelle des forêts a le potentiel d’être une solution climatique naturelle efficace et surtout rentable. La Chine, le Brésil et l’Indonésie auraient la plus grande capacité de séquestration du carbone, suivis de près par les États-Unis, la Russie, l’Inde et la République du Congo.

L’étude conclut que le potentiel maximal d’atténuation du climat par le reboisement (2,43 milliards de tonnes de carbone absorbé) est inférieur de 11 % à ce qui avait été estimé précédemment. Les auteurs de l’étude ont calculé que pour atteindre ce chiffre, il faudra de grands changements tels que la diminution drastique voire l’abandon de la viande dans le régime alimentaire mondial. Selon eux, cela permettrait de rendre leurs forêts aux terres précédemment utilisées pour les pâturages et l’alimentation du bétail.

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