🔻 Un cinquième des pays du monde menacés par l’effondrement de leurs écosystèmes

Photo d'illustration ©Serba Bandung de Pixabay

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Une étude Suisse révèle qu’un cinquième des pays du monde sont menacés par l’effondrement des écosystèmes en raison du déclin de la biodiversité.

Une étude réalisée par la société d’assurance Swiss Re Institute dévoile qu’un cinquième des pays du monde sont menacés par l’effondrement des écosystèmes en raison du déclin de la biodiversité. Les recherches se fondent sur un nouvel indice de biodiversité et de services écosystémiques du Swiss Re Institute. Les pays du monde entier dépendent d’une série de services qui sont basés sur leurs écosystèmes naturels. La biodiversité et les services écosystémiques (BES) comprennent des nécessités telles que l’approvisionnement en nourriture, la sécurité de l’eau et la régulation de la qualité de l’air qui sont vitales pour maintenir la santé et la stabilité des communautés et des économies. L’indice montre que les économies en développement comme les économies avancées sont menacées. Les résultats ont montré que les pays en développement qui dépendent fortement des secteurs agricoles, comme le Kenya ou le Nigeria, sont susceptibles de subir les chocs du BES en raison de toute une série de problèmes liés à la biodiversité et aux écosystèmes.

Le Swiss Re Institute explique que plus de la moitié (55%) du PIB mondial, soit 41,7 billions de dollars, dépend d’une biodiversité et de services écosystémiques performants mais qu’un cinquième des pays du monde (20%) risquent de voir leurs écosystèmes s’effondrer en raison du déclin de la biodiversité et des services qui y sont liés. La société d’Assurance note que parmi les économies du G20, l’Afrique du Sud et l’Australie ont les BES les plus fragiles en raison principalement de la rareté de l’eau, de la protection des côtes et de la pollinisation. Le Brésil et l’Indonésie, eux, ont le plus haut pourcentage d’écosystèmes intacts du G20. Cependant, ces deux pays présentent une forte dépendance économique aux ressources naturelles. Cela souligne donc l’importance du développement durable et de la conservation pour la viabilité à long terme de leurs économies.

L’indice va fournir des informations qui servent à souligner l’importance de la conservation de la nature pour le bon fonctionnement de l’économie. L’étude relève que parmi les dix premiers pays aux écosystèmes fragiles et au PIB fortement dépendant des services naturels, ce sont les pays en développement, riches en ressources et dotés d’un secteur agricole important qui remontent, comprenant le Kenya, le Vietnam, le Pakistan, l’Indonésie et le Nigéria. Le rapport insiste sur les dangers que ces économies peuvent subir en atteignant des points de basculement critiques lorsque des ressources naturelles essentielles sont perturbées. Il tente également de monter l’intérêt de diversifier son économie et de combiner ses efforts de conservation et de préservation. Toutefois, les grandes économies d’Asie du Sud-Est, d’Europe et d’Amérique qui ont déjà des économies diversifiées sont tout de même exposées au risque de déclin des BES. D’importants secteurs économiques individuels peuvent être touchés par des facteurs BES uniques qui peuvent avoir un effet perturbateur sur les secteurs manufacturiers, les propriétés et les chaînes d’approvisionnement d’un pays.

Il paraît essentiel de prendre des mesures de préservation pour relever les défis des BES. La restauration des écosystèmes le long de la côte de la Louisiane pourrait réduire les coûts des inondations prévues de 5,3 milliards de dollars par an. Des mesures visant à garantir le bon fonctionnement des récifs coralliens à l’échelle mondiale pourraient réduire les dommages estimés des inondations dues à des tempêtes centenaires, qui augmenteraient autrement de 91 % dans le monde entier. Pour illustrer cette idée, l’étude cite plusieurs cas concrets de l’impact des BES sur les économies. Par exemple, la destruction de la mer d’Aral, qui a entraîné un effondrement économique et une migration massive de la zone côtière environnante, illustre de manière extrême la manière dont l’effondrement d’un écosystème peut affecter une économie locale.

Lire l’étude du Swiss Re Institute