Faites pipi, c’est bon pour les fourmis ! (1 mn 30)

Photo © Howard Seaman de Pixabay

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Une chercheuse australienne a observé que les fourmis « boivent » de l’urine humaine ou d’autres mammifères : elles y trouvent l’azote dont elles ont besoin pour fabriquer protéines et autres molécules biologiques.

Sophie Petit, biologiste à l’Université d’Australie du sud, campait sur l’île Kangaroo lorsqu’elle a remarqué quelque chose d’inhabituel : des fourmis grouillaient à un endroit dans le sable où elle avait uriné quelques heures auparavant. À son grand étonnement, les fourmis sont revenues, nuit après nuit, semblant avides de son urine ! [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

La chercheuse et son équipe a donc mis en place un protocole d’observation : ils ont examiné la préférence de Camponotus terebrans, une fourmi des sables très répandue dans le sud de l’Australie, pour différents appâts, dont de l’urine, et la durée de leur quête de nourriture sur ces appâts. Ils ont appâté des fourmis avec des taches liquides d’urine (humaine et kangourou), de l’urée dans l’eau (2,5%. 3,5%, 7,0%, 10,0%) et du saccharose dans l’eau (20% et 40%) versés directement sur le sol, ainsi que des appâts durs dans des parcelles au sol sableux (Kangaroo Island, Australie du Sud). Ils ont compté les individus de cette espèce essentiellement nocturne afin de déterminer leur attrait pour les différents appâts pendant un mois.

Les fourmis étaient les plus nombreuses sur 10 % d’urée, suivies de 7 % d’urée, 3,5 % d’urée, d’urine (qui contient ~2,5 % d’urée) et 2,5 % d’urée, 40 % de saccharose et 20 % de saccharose ; le saccharose était moins attrayant pour elles que l’appât à base d’urée. Les fourmis étaient attirées par les urines humaines, de kangourou et non identifiées, et elles collectaient du guano d’oiseau.

Les appâts et l’alimentation des fourmis n’ont pas affecté le recrutement des plantes dans les parcelles. La remarquable capacité de C. terebrans à extraire l’azote urinaire du sable sec pendant des semaines explique en partie son succès sur les sols sableux. La recherche de nourriture dans l’urine peut être une stratégie importante pour résoudre le problème de la limitation de l’azote dans les sols sableux et exploiter de manière commensale les niches dans lesquelles les hôtes sont des kangourous, des wallabies et d’autres vertébrés.

Lire l’étude : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/aec.12840

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